L'homme et le tigre
¤¹¡ÑºàÊ×Í
Seksan Prasertkoun - nouvelle traduite du thaï par Marcel Barang.
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Les derniers rayons du jour baignaient le faîte des arbres, éclaboussant de lumière la jungle tout entière.
áÊ§ÊØ´·éÒ¢ͧÇѹ ÊÒ´ÂÍ´ äÁ騹 ·Ñé§»èÒà»Åè§»ÃСÒÂ
Bientôt, tout se mit à pâlir et s'estomper.
¨Ò¡¹Ñé¹äÁè¹Ò¹·Ø¡ÍÂèÒ§ ¡ç«Õ´àÅ×͹ŧÍÂèÒ§ÃÇ´ àÃçÇ
Un froid perçant recouvrit les entours comme un deuil triste.
¤ÇÒÁ àÂç¹àÂÕºá¼è¤ÅØÁ ·ÑèÇÍÒ³ÒºÃÔàdzÃÒÇ ¤ÇÒÁâÈ¡àÈÃéÒ
Quelque instinct le fit se mettre en mouvement.
ÊѪҵҳºÒ§ÍÂèÒ§àÃÕ¡ÃéͧãËéÁѹàÃÔèÁ¢ÂѺ µÑÇ ...
Lui-même ne savait pas combien de temps il était resté couché sur la dalle de roche.
Áѹàͧ ¡ç¤§ äÁèÃÙé ÇèÒËÁͺ ÍÂÙèµÃ§ËÅ׺ËÔ¹ áËè§¹Õé ¹Ò¹ à·èÒ ã´ áÅéÇ
Il n'avait aucune notion du temps, car le temps n'a pas de signification pour une vie dépourvue de rêves et moins encore pour une vie dépourvue de mémoire.
ÁѹäÁèʹ 㨡ÒÅ àÇÅÒ à¾ÃÒСÒÅ àÇÅÒ äÁèà¤ÂÁÕ ¤ÇÒÁËÁÒÂÊÓËÃѺ ªÕÇÔµ·Õè»ÃÒȨҡ ¤ÇÒÁã½è ½Ñ¹ áÅÐÂÔè§ äÁèÁÕ ¤ÇÒÁËÁÒ ã´ÊÓËÃѺ ªÕÇÔµ·Õè»ÃÒȨҡ ¤ÇÒÁ·Ã§¨Ó
Pour lui, la vie c'était son prochain souffle, la vie c'était l'inéluctable, la vie c'était lui-même - sans prétention et, de ce fait, ne requérant nulle interprétation.
ÊÓËÃѺÜÁѹ ªÕÇÔµ¤×ÍÅÁËÒ ã¨à©¾ÒÐ˹éÒ ¤×Íʶҹ¡ÒÃ³ì ·ÕèàÅÕè§ äÁè¾é¹ ¤×Í µÑǵ¹·Õè»ÃÒȨҡ»Ãا áµè§ ¡ÃзÑè§»ÃÒȨҡ¡ÒÃµÕ ¤ÇÒÁ
Mais sa vie n'était pas vide pour autant.
áµè ·Ñé§ËÁ´¹Õé ÁÔ ä´éËÁÒ ¤ÇÒÁÇèÒÁѹ´Óç ÍÂÙèÍÂèÒ§ÇèÒ§ à»ÅèÒ
Si vide que soit sa conscience, sa vie était dans sa façon de se mouvoir, si belle et harmonieuse quand toutes les conditions étaient réunies.
Ëéǧ¤Ô´¢Í§ÁѹÍÒ¨ ¨ÐÇèÒ§ à»ÅèÒ ·ÇèÒªÕÇÔµ¢Í§Áѹ¤×Í ÅÕÅÒ¡ÒÃà¤Å×è͹ äËÇÍÂèҧ˹Öè§ à»ç¹ÅÕÅÒ·Õè§´§ÒÁÂÔè§ Å§ µÑÇÂÔè§ ã¹ÂÒÁ·Õèà§×è͹ä¢à¾Õº ¾ÃéÍÁ
Il se leva lentement mais avec une telle coordination de tous ses mouvements que la ligne frémissante allant du bout de son museau au bout de sa queue fut comme le trait de pinceau unique d'un artiste inspiré.
ÁÑ¹ÅØ¡¢Öé¹ Â×¹ªéÒæ áµèÁըѧËÇÐ ¨Ð⤹ ·Ø¡ÍÒ¡Ñ»¡ÔÃÔÂÒ ´Ù»ÃÐÊÒ¹ÊÍ´¤Åéͧ¡Ñ¹ ä»ËÁ´ ¨¹ ã¹·Õè ÊØ´¨Ò¡ »ÅÒ ¨ÁÙ¡ ¶Ö§ »ÅÒÂËÒ§ ¡ÅÒ à»ç¹ àÊé¹ÊкѴàËÂÕ´ÂÒÇ ÃÒÇ¡ÒõÇÑ´¾Ùè¡Ñ¹ à¾Õ§ ¤ÃÑé§ à´ÕÂǢͧ¨ÔµÃ¡Ã ÍÒÃÁ³ì ¶Ö§
Au contact des rayons du crépuscule, sa fourrure couleur de feu sec s'embrasait.
àÃ×͹ÃèÒ§ÊÕ ä¿ áËé§¡ÃзºÅÓ á´´ ã¡Åé ¤èÓ à»ç¹ºÒ§ Êèǹ áÅеç¹Ñé¹ ´ÙÃÒÇà»ÅÇ à¾ÅÔ§
Encolure massive tendue vers l'avant à l'extrême, tête légèrement baissée, il gardait ses yeux fixés sur un troupeau d'animaux qui approchaient en se bousculant le long de la sente en contrebas.
¤Í¡ÓÂӢͧÁѹÂ×´ ä» ´éҹ˹éÒ ÊØ´àËÂÕ´ ËÑÇ¡éÁ µèÓàÅç¡ ¹éÍ µÒà¾è§ ¹Ôè§ ÍÂÙè¡Ñº á¶ÇÊѵÇì ½Ù§Ë¹Öè§ «Öè§ à´Ô¹àºÕ´¡Ñ¹ÁÒº¹·Ò§ à´Ô¹àÅç¡æ ¢éÒ§ÅèÒ§
Le baroufle inquiétant de leurs cloches emplit le défilé tandis qu'à pas furtifs il se mit à filer le troupeau.
àÊÕ§¡Ãд֧áÇèÇÇѧàǧ ä» ·Ñé§Ëغ ¢³Ð·ÕèÁѹ¡éÒǵÒÁ ä»ÍÂèÒ§à§Õº¡ÃÔº ...
Il savait que le plateau au creux de la montagne se resserrait progressivement avant que la sente ne contourne la dernière colline et rejoigne la piste de terre battue un peu plus bas.
ÁѹÃÙéÇèÒ·ÕèÃÒº ã¹áÍè§ à¢Ò ¨Ð¤èÍÂæ ˴᤺ŧ ¡è͹·Õè·Ò§ à´Ô¹ ¨ÐµÑ´ ¼èÒ¹ËÇèÒ§à¹Ô¹ ÊØ´·éÒ áÅÐÅҴŧ ä» ÊÙè¶¹¹½Øè¹¢éÒ§ÅèÒ§
Il n'avait plus beaucoup d'occasions de s'approcher des vaches par le haut.
âÍ¡ÒÊ·ÕèÁѹ ¨Ð à´Ô¹µÒÁ½Ù§ÇÑÇ ¨Ò¡ ÁØÁ ÊÙ§ àËÅ×Í ÍÕ¡ äÁèÁÒ¡¹Ñ¡
Il savait que la crête qu'il suivait depuis le début non seulement s'abaissait graduellement, mais qu'elle lui offrait peu d'endroits où se mettre à couvert.
ÁѹÃÙéÇèÒÊѹà¹Ô¹·ÕèÁѹ ÍÒÈѾÃÒ§ µÑÇÁÒ µÑé§ áµèáá äÁè à¾Õ§ÅÒ´ µèÓŧàÃ×èÍÂæ µÃ§·Ò§ÍÍ¡¨Ò¡Ëغ ËÒ¡ Âѧ¤ÅÒ ¤ÇÒÁáàÃ×éÍŧ ä»ÁÒ¡¨¹ÁѹÍÒ¨»Ô´ºÑ§ µÑÇ àͧ äÁè ä´é
Là-bas, il ne restait plus un seul grand arbre debout, rien que des lacis d'arbustes et quelques buissons pleins d'épines qu'un animal à la peau fine tel que lui abominait.
·Õè¹Ñè¹äÁèÁÕ äÁé ãËè àËÅ×Í áÁé áµèµé¹à´ÕÂÇ Âѧ áµè¾ØèÁàµÕéÂæ «Ö觺ҧ¡Í à»ç¹¾§Ë¹ÒÁ ... ˹ÒÁ·ÕèÁѹªÔ§ªÑ§Ãѧà¡Õ¨à¾ÃÒÐÁѹ à»ç¹ÊѵÇì ˹ѧºÒ§
Mais il savait aussi qu'il n'y avait pas de meilleur endroit pour attaquer, car un assaut à cet endroit serait tout à fait inattendu.
áµèÁѹ ¡çÃÙé ÇèÒ äÁèÁըش ä˹·ÕèàËÁÒСѺ ¡ÒÃâ¨ÁµÕ à·èҡѺ ¨Ø´¹Õé ¨Ø´·Õè ÍÕ¡ ½èÒÂ˹Öè§ äÁè·Ñ¹¤Ò´ ¤Ô´ ...
Il n'avait jamais pourchassé d'animal pour assouvir autre chose que sa faim, jamais tué par appétit de pouvoir, et jamais pris en charge les espérances d'animaux de la même espèce.
ÁѹäÁèà¤ÂÅèÒÊѵÇì Í×è¹ ´éÇÂà赯 ¼Å·ÕèÁÒ¡¡ÇèÒ ¤ÇÒÁËÔÇ äÁèà¤Â ¦èÒà¾×èÍʹͧ ¤ÇÒÁµéͧ¡Òà ´éÒ¹ ÍÓ¹Ò¨ áÅÐ äÁèà¤ÂÁÕ¢éÍàÃÕ¡Ãéͧ Íѹ ã´¨Ò¡ÊѵÇì ¾Ñ¹¸Øìà´ÕÂǡѹ
Il restait le plus souvent par lui-même.
ÁѹÍÂÙè â´ÂÅӾѧ à»ç¹ Êèǹ ãËè
Si on ne comptait pas les fois où ciel et terre l'avaient poussé à l'amour, on pouvait le considérer comme un des animaux les plus solitaires du monde, solitaire et esseulé.
ËÒ¡äÁè¹Ñº Ëéǧ àÇÅÒ·Õè ¿éÒ´Ô¹ ÊÑè§ ãËéÁÕ ¤ÇÒÁÃÑ¡ áÅéÇ ¡çÍÒ¨ ¨Ðµéͧ¶×Í ÇèÒÁѹ à»ç¹ÊѵÇì â´´à´ÕèÂÇ·Õè ÊØ´ª¹Ô´Ë¹Öè§ ·Ñé§â´´à´ÕèÂÇ áÅÐÊѹâ´É
Solitude et esseulement peuvent passer pour simplicité, mais la simplicité procède toujours de la sophistication.
¤ÇÒÁâ´´à´ÕèÂÇ áÅÐÊѹâ´É¹Ñº à»ç¹ ¤ÇÒÁàÃÕº§èÒ áµè ¡ç àªè¹à´ÕÂǡѺ ¤ÇÒÁàÃÕº§èÒ ·Ñ駻ǧ ã¹âÅ¡ ÊÔè§¹Õé ¤×ͼžǧ áËè§ ¤ÇÒÁ«Ñº«é͹
Bien qu'il se moquât de savoir combien de temps il était resté couché sur la dalle de roche nue et qu'il fût même indifférent au nombre de moussons qu'il avait vécues, il n'en restait pas moins que ses ancêtres avaient laissé leurs empreintes de par le monde sur une durée ininterrompue d'au moins cinq millions d'années et qu'il représentait l'aboutissement parfait de son espèce.
¢³Ð·ÕèÁѹ àͧ äÁèʹ ã¨ÇèÒËÁͺ ¾Ñ¡ ÍÂÙèµÃ§ËÅ׺ËÔ¹¹Ñé¹ ÁÒ¹Ò¹ à·èÒ ã´ äÁèáÂáÊÇèÒ µÑÇ àͧ à´Ô¹ ½èÒÄ´Ù ½¹ÁÒ¡Õè ¤ÃÑé§ Ë¹ ¢éÍà·ç¨ ¨ÃÔ§ Âѧ¤§ÁÕ ÍÂÙèÇèÒ ºÃþºØÃØÉ ¢Í§Áѹ ä´é ½Ò¡ÃÍ à·éÒ äÇ麹 ¾×é¹¾ÔÀ¾¹Õé ÍÂèÒ§µèÍà¹×èͧÂÒǹҹ äÁè µèÓ¡ÇèÒ 5 ÅéÒ¹»ÕÁÒ áÅéÇ áÅÐÁѹ¤×Í¡ÒÃÍÍ¡ Ẻ ¤ÃÑé§ ÊØ´·éÒ¢ͧÊÒ ¾Ñ¹¸Øì
Il était capable de faucher une vie en un clin d'?il, de sauter une distance plusieurs fois supérieure à la longueur de son corps, de courir à la vitesse d'un aigle royal en plein vol, voire de nager sur des distances prodigieuses en cas de nécessité.
ÁѹÊÒÁÒö»ÅÔ´ªÕÇÔµÍ×è¹ ä´éÀÒ 㹾ÃÔºµÒ ¡ÃÐâ´´ ä´é ÊÙ§¡ÇèÒÊͧ à·èҢͧ ¤ÇÒÁÂÒÇ µÑÇ àͧ ÇÔè§ ´éÇ ¤ÇÒÁ àÃçÇ äÁèá¾é¾ÒàËÂÕèÂÇÂÒÁàËÔ¹ºÔ¹ ¡ÃзÑè§ÇèÒ ¹éÓ ä´é à»ç¹ÃÐÂзҧ àËÅ×Í àª×èÍ ã¹ÂÒÁ¨Ó à»ç¹
De fait, il était l'incarnation de la supériorité, un esprit libre qui savait prendre soin de lui-même, une individualité que nul ne pouvait ignorer.
ãªè Áѹ¤×ÍÃÙ»¸ÃÃÁ¢Í§¤ÇÒÁ à˹×Í¡ÇèÒ ¤×ÍÇÔÒ³ ÍÔÊÃзÕèÊÒÁÒö´Ùáŵ¹ àͧ ä´é ¤×ͻѨਡÀÒ¾·ÕèÁÔÇèÒ ¼Ùé ã´ ¡ç äÁèÍÒ¨Áͧ¢éÒÁ
Chaque fois qu'il rugissait, la jungle tout entière se taisait.
·Ø¡¤ÃÑé§ ·ÕèÁѹÊè§ àÊÕ§¡Ö¡¡éͧ ¤ÓÃÒÁ ·ÑèÇ ·Ñé§»èÒ ¨Ðà§Õº¡ÃÔº
Chaque fois qu'il arpentait majestueusement son royaume, toutes les vies se tenaient à distance.
ÂÒÁ·ÕèÁѹàÂ×éͧÂèÒ§µÃǨµÃÒÍҳҨѡà ·Ø¡ªÕÇÔµ ÃÑ¡ÉÒÃÐÂÐËèÒ§
Et pourtant, force est de reconnaître qu'il n'en avait jamais fait une affaire d'orgueil ou, à plus forte raison, d'arrogance.
áµè ¡ç ÍÕ¡¹Ñè¹áËÅÐ Áѹ äÁèà¤Â ÂÖ´¶×Í ÊÔè§ àËÅèÒ¹Õé à»ç¹ ¤ÇÒÁÀÒ¤ÀÙÁÔ ã¨ ÍÂèÒÇèÒ áµèàÂèÍËÂÔè§ ·Ãй§
Quand sa mère l'avait abandonné après qu'il fut devenu presque aussi grand qu'elle, la seule chose qu'il savait devoir faire était de se trouver un gîte quelque part, un lieu qui ne serait pas seulement sa tanière mais le monde dans lequel il vivrait sa vie à sa guise, un endroit qu'il arpenterait seul, qui ferait un avec son âme et dans lequel ne serait-ce que le soupçon d'une empreinte de pas étranger ne serait point toléré.
àÁ×èÍáÁè·Ôé§ ä» ËÅѧ¨Ò¡ÁѹàµÔº ãË訹 àÃ×͹ÃèÒ§à¡×ͺ ¨Ð à·èҡѹ ÊÔè§à´ÕÂÇ·ÕèÁѹÃÙé ÇèÒµéͧ·Ó¤×ÍËÒ ¾×é¹·ÕèÊÑ¡ áËè§ ãËé µÑÇ àͧ ¾×é¹·Õè «Öè§ÁÔ ä´é à»ç¹ á¤èËÅ׺¹Í¹ ËÒ¡ à»ç¹âÅ¡ ·Ñé§âÅ¡·ÕèÁѹ ¨Ð ãªé ÃÑ¡ÉÒÇÔ¶ÕªÕÇÔµ ·Õè «Öè§Áѹ ¨Ðµéͧ à´Ô¹ â´ÂÅӾѧ ·ÇèÒ à»ç¹ Íѹ˹Öè§ Íѹà´ÕÂǡѺ ¨ÔµÇÔÒ¹¢Í§Áѹ ·Õè «Öè§Áѹ äÁèÍҨ͹ØÒµ áÁéÀÒ¾»ÃÒ¡¯¢Í§ÃÍ µÕ¹ ¼Ùé Í×è¹
Il n'avait pas découvert son domaine par accident.
ÁѹäÁè ä´é¤é¹ ¾º´Ô¹á´¹´Ñ§ ¡ÅèÒÇ â´ÂºÑ§àÍÔ
Tout son corps portait des traces de rixes ; paraphes dentelés de griffes et de crocs acérés.
·Ñé§ àÃ×͹ÃèÒ§¢Í§ÁѹÁÕÃÔéÇÃÍ¢ͧ¡ÒûзР¢Ù´¢Õ´ áËÇè§àÇéÒ ´éǤÁ à¢ÕéÂÇ áÅÐÃÍ àÅçº
Seule l'expression de ses yeux profonds et brillants comme des gemmes dans un plan d'eau ne changeait jamais, calme mais inflexible.
¤§áµèáÇÇµÒ à·èÒ¹Ñé¹ ·Õè äÁèà¤Â à»ÅÕè¹ ʧº ¹Ôè§ áµè äÁèÂÍÁ¾èÒ ·Ñé§ àÃ×ͧ ·Ñé§ÅÖ¡ ´ÙÃÒÇÍÑÁ³Õ ã¹Ëéǧ ¹éÓ
Avant d'atteindre la plénitude de son développement, avant de découvrir un territoire qui soit le sien, il avait connu la défaite, mais il ne l'avait pas acceptée aisément.
Áѹà¤Â¾èÒÂá¾éÁÒ¡è͹·Õè¨Ðâµ àµçÁ·Õè ¡è͹ ¨ÐÁÕÍҳҨѡà à»ç¹¢Í§µ¹ àͧ áµèÁѹ ¡ç äÁèÍÒ¨ÂÍÁÃѺ ¡ÒþèÒÂá¾é ä´é â´Â§èÒÂ
Qu'il ait son propre domaine était indispensable, parce que c'était la seule façon pour lui d'être lui-même.
Áѹ¨Óà»ç¹µéͧÁÕÍҳҨѡâͧµ¹ àͧ à¾ÃÒйÑè¹ à»ç¹ÇÔ¸Õà´ÕÂÇ·ÕèÁѹ ¨Ð ä´é à»ç¹ µÑÇ àͧ
Il ne connaissait d'autre voie que la sienne.
ÁѹäÁèÃÙé ¨Ñ¡ÇÔ¶Õ Í×蹹͡¨Ò¡ÇԶբͧµ¹ àͧ
Il y avait longtemps qu'il n'avait plus guerroyé contre des intrus, et plus longtemps encore qu'il n'avait vagabondé en quête de sa terre promise.
¹Ò¹ÁÒ¡áÅéÇ·ÕèÁѹ äÁè ä´é·Óʧ¤ÃÒÁ¡Ñº ¼ÙéºØ¡ÃØ¡ áÅÐ ¹Ò¹ÂÔè§ ¡ÇèÒ¹Ñé¹ ÍÕ¡·ÕèÁѹ äÁèµéͧàÃèÃè͹áÊǧËÒ "´Ô¹á´¹·Õè¾ÃÐà¨éÒ ÊÑÒ"
Tout lui fut donné une fois qu'il eût refusé la défaite.
·Ø¡ÍÂèÒ§ä´éÁÒàÁ×èÍÁѹ äÁèÂÍÁÃѺ ¡ÒþèÒÂá¾é
Et pourtant -
¡ÃйÑ鹡çµÒÁ ...
- pourtant, ces derniers temps, il en était venu à se sentir menacé une fois encore, mais il ne savait pas ce qui le menaçait.
à¾Ôè§àÃçÇæ ¹Õé àͧ·ÕèÁѹàÃÔèÁÃÙé ÊÖ¡ ¶Ù¡¤Ø¡¤ÒÁ ÍÕ¡ ¤ÃÑé§ Ë¹Öè§ áµèÁѹ ¡ç äÁèÃÙé ÇèÒ Íѹ ã´¤×Í ÊÔè§·Õè¤Ø¡¤ÒÁ
L'adversaire ne se manifestait pas sous la forme de griffures d'écorce ou d'empreintes au sol. Il n'en avait pas moins le sentiment que son monde se resserrait.
½èÒµç¢éÒÁ äÁè ä´é»ÃÒ¡¯ µÑÇ ã¹ÃÙ»¢Í§ÃÍ àÅ纺¹à»Å×Í¡ äÁéËÃ×ÍÃÍ µÕ¹º¹ ¼ÔÇ´Ô¹ áµè ÍÂÙèæ Áѹ ¡çàÃÔèÁÃÙé ÊÖ¡ÇèÒâÅ¡¢Í§ µÑÇ àͧàÅç¡Å§
Bien des arbres dont il se servait avaient disparu.
µé¹äÁé·ÕèÁѹ ãªé¶ÙËÅѧËÒ ä»ËÅÒµé¹
La jungle dense s'était mué en friche nue.
´§´Ôº¡ÅÒÂà»ç¹ ·Øè§âÅè§
Les cours d'eau s'asséchaient plus vite qu'autrefois.
ÊÒ¹éÓàË×Í´ áËé§¡ÇèÒ·Õèà¤Â
Les montagnes portaient des balafres, comme rognées par des crocs géants.
ÀÙà¢ÒÁÕºÒ´á¼ÅÃÒÇ ¶Ù¡¢º¡Ñ´ ´éÇ à¢ÕéÂÇ¡ÃÒÁ ¢¹Ò´ÁËÖÁÒ
Pour la première fois de sa vie, il en venait à avoir le sentiment que ses griffes et ses crocs étaient impuissants, comme s'il ne possédait plus ce qu'il possédait, comme s'il n'était plus ce qu'il était.
à»ç¹Ëéǧáá æ 㹪ÕÇÔµ ... ·ÕèÁѹàÃÔèÁÃÙé ÊÖ¡¤ÅéÒÂàË§Ò à¢ÕéÂÇà»ÅÕèÂÇ àÅçº ÃÙé ÊÖ¡ÃÒÇ äÁèÁÕ ÊÔè§·ÕèÁѹÁÕ äÁè à»ç¹ ÊÔè§·ÕèÁѹ à»ç¹
Les derniers rayons du jour baignaient le faîte des arbres, éclaboussant de lumière la jungle tout entière.
áÊ§ÊØ´·éÒ¢ͧÇѹ ÊÒ´ÂÍ´ äÁ騹 ·Ñé§»èÒà»Åè§»ÃСÒÂ
Bientôt, tout se mit à pâlir et s'estomper.
¨Ò¡¹Ñé¹äÁè¹Ò¹·Ø¡ÍÂèÒ§ ¡ç«Õ´àÅ×͹ŧÍÂèÒ§ÃÇ´ àÃçÇ
Un froid perçant recouvrit les entours comme un deuil triste.
¤ÇÒÁ àÂç¹àÂÕºá¼è¤ÅØÁ ·Ñé§ÍÒ³ÒºÃÔàdzÃÒÇ ¤ÇÒÁâÈ¡àÈÃéÒ
Il pressa le pas en avant du troupeau de vaches jusqu'à ce qu'il atteigne les derniers rangs d'arbres de la crête, sans quitter des yeux la scène en contrebas, et quand tout dans le défilé commença à virer à l'indigo flou, il se tapit à nouveau, le dos plus bas que les buissons, les pattes saisies de frissons à force de feutrer ses pas.
ÁѹàÃè§½Õ à·éÒ¡éÒÇÅéÓ Ë¹éÒ½Ù§ÇÑÇ ä»¨¹ ÊØ´·ÔÇ äÁé ÊØ´·éÒ º¹Êѹà¹Ô¹ â´Â äÁèÅÐÊÒµҨҡÀÒ¾¢éÒ§ÅèÒ§ áÅÐàÁ×èÍ·Ø¡ÍÂèÒ§ ã¹ËغàÃÔèÁ¡ÅÒ à»ç¹ÊÕ¤ÃÒÁ¤ÅéÓ Áѹ ¡çÂèÍ µÑÇŧ ÍÕ¡ ¤ÃÑé§ Ë¹Öè§ ËÅѧàµÕé¡ÇèÒ¾ØèÁ äÁé ÊÕè¢ÒÊÅѺ¡Ñ¹Âèͧ 仢éҧ˹éÒÍÂèÒ§à§Õº¡ÃÔº
À quelque distance se trouvait la fin du défilé débouchant sur la piste.
ÍÕ¡ äÁè ä¡Å ¨Ð ¶Ö§·Ò§ÍÍ¡¨Ò¡Ëغ ä» ÊÙè¶¹¹½Øè¹
Il fit halte derrière le dernier buisson et se tint figé comme une statue.
ÁѹËÂØ´ µÑÇ àͧ äÇé·Õè äÁ龨èÁ ÊØ´·éÒ ¹Ôè§Ê¹Ô·ÃÒÇÀÒ¾»Ñé¹
Seuls ses yeux continuaient de suivre l'avancée du troupeau d'animaux corpulents.
¤§áµèÊÒµÒÇÒÇ à·èÒ¹Ñé¹ ·Õèà¾è§¨Ñº á¶ÇÊѵÇì ãËè·Õè ã¡Åé à¢éÒÁÒ
Il entendit les cris d'une autre espèce d'animal pressant les vaches vers l'avant, mais il ne comprit pas la signification de ces cris.
Áѹä´éÂÔ¹ àÊÕ§ÊѵÇì ÍÕ¡ª¹Ô´Ë¹Öè§ µÐ⡹ ãÊè ¡ÅØèÁÇÑÇ ·Õè à´Ô¹¹Ó ˹éÒ ·ÇèÒ ¡ç äÁè à¢éÒ ã¨ ¤ÇÒÁËÁÒ¢ͧ àÊÕ§ Ẻ¹Õé
En fait, c'était quasiment la première fois qu'il les entendait.
¨ÃÔ§æ áÅéǹÕèà¡×ͺ ¨Ð à»ç¹ ¤ÃÑé§ áá ·ÕèÁѹà¤Â ä´éÂÔ¹ àÊÕ§´Ñ§ ¡ÅèÒÇ
Ils n'avaient rien de familier et il ne les aimait pas.
ÁѹÃÙéÊÖ¡ äÁèªÍº áÅÐ äÁè¤Øé¹à¤Â
Sous la blancheur des nuages comme sous le regard des étoiles, jamais aucun autre animal n'avait osé faire tant de tapage en sa présence.
äÁèÇèÒ ãµéàÁ¦¢ÒÇËÃ×Í ã¹ ¤×¹´ÒÇ´ÒÉ äÁèà¤ÂÁÕÊѵÇì Í×è¹ ã´¡ÅéÒÊè§ àÊÕ§ ãÊèÁѹ
Le tintement des cloches était tout proche à présent.
àÊÕ§¡êͧá¡ê§ ã¡Åé à¢éÒÁÒÁÒ¡ áÅéÇ
Il sut qu'il était temps d'agir.
ÁѹÃÙéÇèÒ¹Õè¤×ÍËéǧÂÒÁ·Õèµéͧ·ÓÍÐäÃ
Il ne décida pas, parce que c'était un animal qui n'avait jamais connu le poids d'une contradiction, jamais versé de larmes de remords, et jamais ne s'était réjoui d'une victoire.
ÁѹäÁè ä´éµÑ´ ÊÔ¹ 㨠à¾ÃÒÐÁѹ à»ç¹ÊѵÇì ·Õè äÁèà¤Âµéͧ·¹ ·Ø¡¢ì ÍÂÙè¡Ñº ¤ÇÒÁ ¢Ñ´áÂé§ ã¹ µÑÇ àͧ äÁèà¤ÂËÅÑè§ ¹éÓµÒÊÓ¹Ö¡ ¼Ô´ ã¹àÃ×èͧ Íѹ ã´ ËÃ×Í»ÅÒº»Å×éÁ¡Ñº ¤ÇÒÁ ÊÓàÃç¨ ã¹àÃ×èͧ ä˹
Il regardait la vie en face sans détourner les yeux et ne faisait que ce qui était nécessaire, sans peur de ce qui se trouvait devant lui et sans regret pour ce qui, derrière lui, gisait.
Áѹ༪Ô˹éҡѺªÕÇÔµ â´Â äÁèËźµÒ áÅзÓ੾ÒÐ ÊÔè§·Õè¨Ó à»ç¹ â´Â äÁèÁÕ ¤ÇÒÁ ËÇÒ´ËÇÑè¹ ¡Ñº à赯 ¡Òóì àº×éͧ ˹éÒ áÅÐ äÁèÁÕ ¤ÇÒÁ àÊÕ 㨡Ѻ à赯 ¡Òóì Âé͹ËÅѧ
Il se déplaçait en harmonie totale avec son environnement, car, à la vérité, il en faisait partie - les falaises à pic, les torrents de jungle, les saisons : toutes choses.
Áѹà¤Å×è͹äËÇÍÂèÒ§»ÃÐÊÒ¹ÊÍ´¤Åéͧ¡Ñº ÊÀÒ¾Ãͺ µÑÇ·Ø¡»ÃСÒà à¾ÃÒÐá·é ¨ÃÔ§ áÅéÇÁѹ¤×Í Êèǹ˹Öè§ ¢Í§ ÊÔè§ àËÅèÒ¹Ñé¹ âµÃ¡¼Ò »èÒ¸Òà Ĵ٠¡ÒÅ ... ÊÃþ ÊÔè§
Dans l'instant où il sut qu'il devait agir, tout son corps fut en mouvement.
ã¹àÊÕéÂÇ ¢³Ð·ÕèÁѹÃÙé ÇèÒµéͧ·ÓÍÐäà ¾Åѹ ·Ñé§ àÃ×͹ÃèÒ§ ¡ç¢ÂѺà¤Å×è͹ à»ç¹ ͧ¤ìÃÇÁ
Au moment même où les premières vaches atteignaient le point le plus étroit au bout de la passe, il se jeta sur elles à une vitesse que lui-même n'aurait pu maîtriser.
Áѹ¤Çº·ÐÂÒ¹à¢éÒËÒ½Ù§ÇÑÇ ·ÕèÁÒ ¶Ö§¨Ø´á¤º ÊØ´¢Í§ »ÅÒÂËØº¾Í´Õ ´éÇ ¤ÇÒÁ àÃçÇ·Õè áÁéÁѹ àͧ ¡ç ËÂØ´ÂÑé§ äÁè ä´é
Le troupeau tout entier freina éperdument et s'immobilisa avant de détaler en tous sens.
ÇÑÇ·Ñé§½Ù§¼§ÐªÐ§Ñ¡¡è͹ ¨Ð ºèÒ ËÑǡѹ 令¹ÅзÔÈÅзҧ
Le fracas fou des cloches des vaches retentit comme les craquements des bouquets de bambou à la saison des feux de jungle, doublé par les hurlements frénétiques du bouvier, et, avec la poussière soulevée par les sabots en panique, l'endroit devint instantanément un champ de bataille.
àÊÕ§¡Ãд֧ÃÐÃÑÇÃÒÇ àÊÕ§ä¼è ·Ñé§¡Í»Ð·Ø ã¹Ä´Ù ä¿»èÒ ÂÔè§ ¼ÊÒ¹¡Ñº àÊÕ§µÐ⡹àÍÐÍТͧ ¼Ùé à»ç¹¹Ò áÅмÊÁ¡Ñº äͽØè¹·Õè¤ÅØé§µÅº ¢Öé¹ÁÒ¨Ò¡¡éÒÇ ÂèӵСØÂ ºÃÔàdz·Ò§ÍÍ¡¨Ò¡Ëغ¾Åѹ à»ÅÕ蹡ÅÒ à»ç¹´Ñè§Ê¹ÒÁú
Il planta ses crocs dans la gorge de la bête égarée la plus proche, mais cela se révéla être une erreur.
Áѹ§Ñº¤ÍËÍÂÇÑÇ·ÕèàµÅÔ´ à¢éÒÁÒ ã¡Åé·Õè ÊØ´ äÇé µÑÇ˹Öè§ áµè¹Ñè¹ ¡ÅѺ à»ç¹ ¤ÇÒÁ ¼Ô´¾ÅÒ´
La vache était robuste et dopée par la panique, et elle se débattit de toutes ses forces, mais, dès qu'il sentit ses pattes arrière perdre leur appui sur le sol, il défit l'étau de ses crocs et dans l'instant se mit à galoper vers une vachette à la dérive qui cherchait son salut à travers jungle.
ÇÑǵÑǹÕé âµ àµçÁ·Õè ÁÔË¹Ó «éÓ Âѧ ¶Ù¡ÊÁ·º ´éǾÅѧ áËè§ ¤ÇÒÁ¡ÅÑÇ ¨Ö§ÊкѴ ÊÙé¡Ñº ÁѹÍÂèÒ§ ÊØ´ áç áµè·Ñ¹·Õ·ÕèÁѹÃÙé ÊÖ¡ÇèÒ¢ÒËÅѧ à¡ÒдԹ äÁè á¹è¹ ¡ç¤ÅÒ à¢ÕéÂÇ ¾ÃéÍÁ ·Ñ駤Ǻ à¢éÒËÒÇÑÇ ÃØè¹ µÑÇ˹Öè§ «Öè§ áµ¡½Ù§ ¡ÅѺ ä»·Ò§á¹Ç»èÒ
Avec le reste du troupeau, la vache dévala la sente conduisant à la piste, laissant derrière elle une traînée de gouttes de sang éclatées.
»ÅèÍÂãËéà¨éÒ µÑÇ ãËè¾Øè§ÍÍ¡ 仵ÒÁ àÊé¹·Ò§ ÊÙè¶¹¹ ¾ÃéÍÁ¡Ñº µÑÇ Í×è¹æ â´Â ·Ôé§Ë´ àÅ×Í´¡ÃÐà«ç¹
En un rien de temps il fut sur la vachette et en un rien de temps lui eut rompu la nuque,
ÁÑ¹ä» ¶Ö§ÇÑÇ µÑÇ·ÕèÊͧ ã¹ ªÑèÇ àÇÅÒ¾ÃÔºµÒ áÅÐ ãªé Íա˹Öè§ ¾ÃÔºµÒµÑ´ ¡Ãд١¡éÒ¹¤Í¢Í§à¨éÒ ÇÑÇ ÃØè¹ µÑǹÑé¹
moins du fait de ses crocs aiguisés comme des lames de couteau qu'à cause de la puissance de ses mâchoires, à quoi quasiment rien sur terre ne se peut comparer.
Áѹãªé àÇÅÒ ¹é͹Դ ÁÔãªèà¾ÃÒÐÁÕ à¢ÕéÂǤÁ¡ÃÔºÃÒÇ ãºÁÕ´ ËÒ¡ ´éÇ á確¢Í§¢Ò¡ÃÃä¡Ã «Ö觺¹ ¾×é¹¾ÔÀ¾ÂÒ¡·Õè ¨ÐËÒ ¤ÇÒÁ˹ѡ ˹èǧ Íѹ ã´ÁÒà·Õº·Ò¹
La poussière retomba.
½Øè¹¨Ò§
La passe montagneuse tout entière redevint quiète.
·Ñé§Ëغà§ÕºʧѴ
Tandis que des pointes d'étoiles commençaient à brasiller dans l'immensité du ciel, il déchira sa première bouchée depuis plusieurs jours, toujours avec le même calme.
¢³ÐàÇÔé§ ¿éÒàº×éͧ º¹àÃÔèÁÁÕá©¡´ÒÇÃÐÂÔº Áѹ©Õ¡ ÍÒËÒà ¤Óáá ã¹ÃͺËÅÒÂÇѹ ´éÇÂÍÒ¡ÒÃʧº ¹Ôè§
L'expression de ses yeux, profonds et brillants dans l'obscurité comme une paire d'astres dans l'éther, demeurait inchangée.
áÇǵҷÕèäÁèà¤Â à»ÅÕè¹ ·Ñé§ÅÖ¡ ·Ñé§ àÃ×ͧ ÍÂÙè ã¹ ¤ÇÒÁ Á×´ 2
2
Les derniers rayons du jour baignaient le faîte des arbres, éclaboussant de lumière la jungle tout entière.
áÊ§ÊØ´·éÒ¢ͧÇѹ ÊÒ´ÂÍ´ äÁ騹 ·Ñé§»èÒà»Åè§»ÃСÒÂ
Bientôt, tout se mit à pâlir et s'estomper.
¨Ò¡¹Ñé¹äÁè¹Ò¹·Ø¡ÍÂèÒ§ ¡ç«Õ´àÅ×͹ŧÍÂèÒ§ÃÇ´ àÃçÇ
Un froid perçant recouvrit les entours comme un deuil triste.
¤ÇÒÁ àÂç¹àÂÕºá¼è¤ÅØÁ ·ÑèÇÍÒ³ÒºÃÔàdzÃÒÇ ¤ÇÒÁâÈ¡àÈÃéÒ
Quelque instinct le fit cesser tout mouvement.
ÊѪҵҳºÒ§ÍÂèÒ§ºÑ§¤Ñº ãËé à¢Òµéͧ ËÂØ´¢ÂѺ µÑÇ
Il se pourrait que, dans la minute ou dans l'heure suivante ou dans les dix prochaines, le tigre vienne se nourrir du corps de la vachette.
ÁѹÍÒ¨¨Ð à»ç¹¹Ò·Õ¹Õé ËÃ×Í ªÑèÇâÁ§Ë¹éÒ ¡ÃзÑè§ ÍÕ¡ 10 ªÑèÇâÁ§¶Ñ´ ä»·Õè àÊ×Í µÑǹÑé¹ ¨Ð à¢éÒÁÒ¡Ô¹ «Ò¡ÇÑÇ ªÒǺéÒ¹
Il n'avait aucun moyen de savoir quand.
à¢Ò äÁèÁÕ·Ò§ÃÙé ä´éÇèÒÁѹ ¨Ð à¢éÒÁÒàÁ×èÍäÃ
Il savait seulement qu'après que le soleil aurait disparu derrière les arbres, il ne devrait faire aucun bruit qui détonnerait dans la polyphonie de la jungle.
ÃÙéáµè à¾Õ§ÇèÒËÅѧ¨Ò¡ µÐÇѹ ÅѺÂÍ´ äÁé ä» áÅéÇ à¢Ò äÁè¤ÇáèÍ àÊÕ§ ã´æ ·Õè ¢Ñ´áÂ駡Ѻ ÊÃþÊÓà¹Õ§ áËè§ä¾Ã¾Ä¡Éì
Il était assis sur une haute plate-forme d'affût, le dos contre la fourche d'une branche, la jambe droite repliée vers le corps, car il savait qu'il devrait poser son coude droit sur son genou pour tirer vers le bas.
à¢Ò ¹Ñè§ àÍÒËÅѧ¾Ô§¤º äÁé ÍÂÙ躹 ËéÒ§ ÊÙ§ ¢Ò¢ÇÒÂèÍ à¢éÒËÒ µÑǤÅéÒªѹà¢èÒ à¾ÃÒÐ à¢ÒÃÙé ÇèÒ ¨Ðµéͧ ãªéÁѹÇÒ§ÈÍ¡¢ÇÒ ã¹ÂÒÁ·ÕèµéͧÂÔ§ ŧ·Õè µèÓ
Sa jambe gauche était allongée sur la plate-forme, un peu relevée quand même et prête à remonter pour recevoir son coude gauche si nécessaire.
¢Ò«éÒ¢ͧà¢ÒÇÒ§ÃҺŧ¡Ñº ¾×é¹ ËéÒ§ áµè ¡ç Âѧ§Í à¢éÒËÒ µÑÇàÅç¡ ¹éÍ áÅÐ ¾ÃéÍÁ·Õè ¨Ð¡Ãд¡ÁÒÃѺ ¢éÍÈÍ¡¢éÒ§«éÒ¶éÒ ¨Ó à»ç¹
Il savait que son adversaire représentait la forme de vie la plus évoluée dans la jungle, le véritable seigneur de ces terres, et qu'il était sans nul doute à même de distinguer le bruit du vent dans les branches du bruit de la respiration des autres animaux, et bien entendu de trouver son chemin dans toutes les directions.
à¢ÒÃÙé ÇèÒ ¤ÙèµèÍ ÊÙé¢Í§ à¢Ò¤×;Ѳ¹Ò¡Òà ÊÙ§ ÊØ´¢Í§ªÕÇÔµ ã¹»èÒ ¤×Íà¨éÒ ¢Í§·Õèá·é ¨ÃÔ§¢Í§ ¾×é¹·ÕèµÃ§¹Õé «Öè§ÂèÍÁ ¨ÐµéͧÃÙé ¨Ñ¡¨Óṡá¡ àÊÕ§ÃÐËÇèÒ§ÅÁà»èÒÂÍ´ äÁé¡Ñº ÅÁËÒ 㨢ͧÊѵÇì Í×è¹ ÍÂèÒÇèÒ áµèÃÙé ¨Ñ¡·Ò§ ä»·Ò§ÁÒ ·Ñé§ 8 ·ÔÈ
Mais il n'avait pas d'autre option que de se confronter à lui.
áµè à¢Ò ¡ç äÁèÁÕ·Ò§ àÅ×Í¡ à»ç¹ Í×蹹͡¨Ò¡ ¨Ðµéͧ༪Ô˹éҡѺ Áѹ
" Pourquoi moi ? avait-il demandé à son père, qui était le meilleur chasseur du village, celui vers qui tous s'étaient tournés dès que la nouvelle s'était répandue qu'un tigre avait tué une vache.
"·ÓäÁµéͧà»ç¹©Ñ¹ ´éÇÂ" à¢ÒàÍè»ҡ¶ÒÁ¾èÍ «Öè§ à»ç¹¾ÃÒ¹Á×Í©Áѧ¢Í§ËÁÙèºéÒ¹ à»ç¹¤¹áá ·Õè ·Ñ駺ҧ¶ÒÁËÒàÁ×èÍ¢èÒÇ àÊ×͡Թ ÇÑÇ á¾ÃèÍÍ¡ ä»
- Parce que je suis trop vieux, avait répondu son père sobrement.
"à¾ÃÒСÙá¡è áÅéÇ" ¾è͵ͺ ÊÑ鹿
Je ne peux pas le poursuivre. Je ne peux plus m'asseoir là-haut.
"¡ÙÍÍ¡µÒÁÁѹäÁè äËÇ ¹Ñè§ ËéÒ§ ¡ç äÁè ä´é
Ma gorge siffle, et mes mains tremblent.
»Ò¡¡çäÍ Á×Í ¡çÊÑè¹
Tu es mon fils.
ÁÖ§à»ç¹ÅÙ¡¡Ù ÁÖ§ µéͧÂÔ§ Áѹ á·¹¡Ù ... "
Tu dois prendre ma place et l'abattre.
- Suppose que je ne rentre pas en temps voulu.
"áÅéǶéÒ ºÑ§àÍԩѹ äÁè ä´é ¡ÅѺÁÒºéÒ¹¾Í´ÕÅèÐ
Qu'est-ce que tu ferais alors, papa ?
¾èͨР·Ó Âѧä§"
- J'imagine que je devrais le poursuivre moi-même.
"¡Ù¡ç¤§µéͧÍÍ¡ÅèÒÁѹ àͧ"
- Je ne comprends pas.
"©Ñ¹äÁè à¢éÒ ã¨
Vieux comme tu es, si tu ne poursuis pas le tigre, qui y trouvera à redire ?
¾èÍá¡è»èÒ¹¹Õé ¶éÒ äÁèÍÍ¡µÒÁ àÊ×Í ã¤Ã ¨ÐÁÒÇèÒ ä´é
Et pourquoi ne pas demander de l'aide au district ? "
ÍÕ¡ÍÂèÒ§ ... ·ÓäÁàÃÒ äÁè¢Í ¤ÇÒÁ ªèÇ àËÅ×Í·Ò§ÍÓàÀÍ"
Il se souvint que, dès que ces mots eurent passé ses lèvres, son père lui avait jeté un regard dur et prolongé, si dur, si prolongé qu'il l'avait remémoré des fois où il avait fait quelque chose de mal quand il était petit.
à¢Ò¨Ó ä´éÇèÒ¾ÍËÅØ´»ÃÐ⤹Ñé¹ ÍÍ¡ ä» ¾èÍ ¡ç¨éͧ˹éÒ ¡ÅѺÁÒà¹Ôè¹¹Ò¹ ¹Ò¹ áÅÐ ¹Ô觨¹ à¢ÒÍ´ äÁè ä´é·Õè ¨Ð¹Ö¡ ¶Ö§µÍ¹·ÓÍÐäà ¼Ô´ ã¹ÇÑ à´ç¡
Son père ne l'avait jamais battu, ni même réprimandé, mais il le regardait avec des yeux qui lui donnaient presque envie de tomber à genoux.
¾èÍäÁè¤èÍÂµÕ áÅÐÂÔè§ äÁèà¤Â´èÒ áµèÁÑ¡ ¨Ð¨éͧÁͧ ´éÇÂÊÒµҷÕè·Ó ãËé à¢Òá·º ¨Ð ¹Ñè§Å§¤Ø¡à¢èÒ»¯ÔÒ³
" C'est une question d'orgueil, n'est-ce pas, papa ? avait-il demandé humblement.
"ÈÑ¡´ÔìÈÃÕãªèÁÑé¾èÍ"à¢ÒàÍè ¢Öé¹ÍÂèÒ§ à¡Ã§ ã¨
- Plus que d'orgueil. Je suis chasseur : si un tigre entre dans notre village, de quoi aurai-je l'air ? "
"ÂÔè§¡ÇèÒÈÑ¡´ÔìÈÃÕ ... ¡Ù à»ç¹¾ÃÒ¹ ¶éÒ àÊ×Í à¢éÒËÁÙèºéÒ¹¹Õé ä´é ¡Ù ¨ÐàÃÕ¡ µÑÇ àͧÇèÒÍÐäÃ"
Ayant dit, son père alla prendre la carabine dans un coin de la pièce, prit un chiffon et nettoya chaque pièce de l'arme, puis enleva la culasse et l'inspecta soigneusement. Il leva le canon pour vérifier la propreté du filetage, remit en place la culasse, épaula et appuya sur la gâchette pour voir.
¾Ù´¨º¾èÍ¡ç à´Ô¹ à¢éÒ ä» ËÂÔºäÃà¿ÔÅ ¢¹Ò´ 30-06 ÍÍ¡ÁÒ¨Ò¡ ÁØÁËéͧ àÍÒ ¼éÒÅÙºäÅéÃͽØè¹ÍÍ¡¨Ò¡·Ø¡«Í¡ ÁØÁ ¨Ò¡¹Ñé¹ ¡ç»Å´ÅÙ¡àÅ×è͹ÍÍ¡ÁÒ µÃǨÍÂèÒ§¾Ô¹Ô¨¾Ôà¤ÃÒÐËì ¡ »×¹ ¢Öé¹Êèͧ´Ù à¡ÅÕÂÇ ã¹ÅÓ¡Åéͧ »ÃСͺÅÙ¡àÅ×è͹ à¢éÒ ä»ãËÁè ¢Öé¹ÅÓ áÅÐÅÑè¹ ä¡ à»ç¹¡Ò÷´Êͺ
" Quand le soleil aura un peu baissé, nous sortirons ensemble.
"à´ÕëÂÇÃèÁ˹èÍ àÃÒÍÍ¡ä» ´éÇ¡ѹ
La vachette était presque adulte. Il ne l'aura pas traînée bien loin ", avait dit son père comme s'il donnait des ordres.
ÇÑÇÁÑ¹ÃØè¹ áÅéÇ ¤§ÅÒ¡ ä» äÁè ä´é ä¡ÅËÃÍ¡" ¾è;ٴ àËÁ×͹ÍÍ¡ ¤Ó ÊÑè§
Avant de quitter la maison, il avait demandé la permission de présenter ses respects aux cendres de sa mère, qu'on gardait dans une urne à l'intérieur.
¡è͹ŧ¨Ò¡àÃ×͹ à¢Ò¢Í µÑÇ à¢éÒ ä» äËÇéâ¡È ¡Ãд١áÁè
Son père avait hoché la tête en signe d'assentiment et la dureté de son regard avait soudain fondu.
¾è;Âѡ˹éÒ͹ØÒµ¾ÃéÍÁ¡Ñº Å´áÇǵҡÃéÒÇŧÇٺ˹Öè§
Il s'était hâté de détourner les yeux, car il avait conscience que son père ne voulait pas qu'on le regarde quand il pensait à elle. Pas même son fils unique.
à¢ÒÃÕºËѹ ˹éÒ ä»·Ò§ Í×è¹ à¾ÃÒÐÃÙé ´ÕÇèÒ àÇÅÒ¹Ö¡ ¶Ö§áÁè ¾èÍ äÁè ÍÂÒ¡ ãËé ã¤Ã Êѧࡵ àËç¹ äÁèÇèÒÅÙ¡ªÒ¤¹à´ÕÂǢͧ µÑÇ àͧËÃ×Í ¼Ùé ã´ ·Ñé§ ÊÔé¹
De sa naissance à son grand âge, son père s'était toujours comporté comme si faiblesse était crime.
µÑé§ áµèà¡Ô´ ¨¹ á¡è ¾èÍ·ÓÃÒǡѺ ÇèÒ ¤ÇÒÁÍè͹áÍ à»ç¹ÍÒªÒ¡ÃÃÁ
Quoi qu'il en soit, ses talents de chasseur étaient reconnus par tous, et plus encore la taille de son c?ur.
áµè äÁèÇèÒ ¨ÐÍÂèÒ§äà ¡çµÒÁ ½ÕÁ×;ÃÒ¹¢Í§¾èÍ à»ç¹·ÕèÂÍÁÃѺ ¡Ñ¹ ·Ñé§ËÁÙèºéÒ¹ ÂÔè§ ¢¹Ò´¢Í§ ËÑÇ ã¨ ´éÇ áÅéÇ
Les gens parlaient de lui bien au-delà du village, pas seulement parce qu'il était bougon, mais aussi parce qu'il savait donner.
ÁÕ¤¹¾Ù´¶Ö§¡Ñ¹ ÍÂÙèËÅÒµӺŠäÁè à¾Õ§à¾ÃÒоèÍ´Ø ËÒ¡ Âѧ à»ç¹à¾ÃÒоèÍÃÙé ¨Ñ¡ ãËé
Toute sa vie il n'avait, semble-t-il, jamais rien voulu pour lui-même.
·Ñ駪ÕÇÔµ´Ù àËÁ×͹¾èÍ äÁèà¤Âµéͧ¡ÒÃÍÐäÃ
Ce qu'il pouvait donner, il donnait sans compter, que ce soient ses biens, son temps, sa peine même.
Íѹ ä˹ ãË餹 Í×è¹ ä´é¾èÍ¡ ãËéËÁ´ äÁèÇèÒÁѹ ¨Ð à»ç¹ ÊÔ觢ͧ àÇÅÒ ËÃ×Í áÁé áµè áç§Ò¹
Son père avait eu raison : le tigre n'avait pas entraîné la vachette bien loin.
¾è;ٴ¶Ù¡ àÊ×;ҫҡÇÑÇ ä» äÁè ä¡Å ¨ÃÔ§æ ...
Après avoir suivi la trace du tigre jusqu'un peu au-delà de la passe, son père avait constaté qu'il avait traîné sa proie le long d'un torrent asséché vers un éboulement de la berge, puis qu'il l'avait tirée le long du lit, qui était grevé de galets gros comme des poings.
ËÅѧ¨Ò¡á¡ÐÃÍÂÁѹ仨¹¾é¹¨Ò¡Ëغ ¾èÍ ¡ç¾ºÇèÒÁѹ¾ÒàËÂ×èÍ ä»µÒÁ¢ÍºËéÇ áË駨¹ ¶Ö§ºÃÔàdz·ÕèµÅÔ觾ѧÅÒ´ áÅéÇÅҡŧ 仵ÒÁ¡é¹ËéÇ «Öè§ àµçÁ ä» ´éÇ¡é͹ËÔ¹ ¢¹Ò´ à·èÒ¡Ó»Ñé¹
Son père avait scruté la confluence en amont et, voyant qu'un tronc d'arbre était tombé en travers et qu'un gros rocher cachait à moitié l'embouchure de l'affluent, il en avait aussitôt déduit que le corps devait se trouver là.
¾èÍà¾è§Áͧ价Õè»Ò¡ËéÇÂá¡¢éҧ˹éÒ àËç¹Áբ͹ äÁéÅéÁ ¢ÇÒ§ áÅÐÁÕËÔ¹ ¢¹Ò´ ãËè µÑé§µÃÐ˧èÒ¹àÂ×éͧ»Ò¡ËéÇ ÍÂÙè¡é͹˹Öè§ ¡çºÍ¡ à¢Ò·Ñ¹·ÕÇèÒ«Ò¡ÇÑÇ ¹èÒ ¨Ð ÍÂÙèµÃ§¹Ñé¹
C'était une encoche sableuse qui s'enfonçait profondément sur toute la longueur de la berge.
Áѹà»ç¹áÍè§·ÃÒ·ÕèÂØºÅ֡ŧ 仨ҡ¢éÒ§µÅÔè§
Le corps avait été recouvert de branches et de feuilles sèches et aurait presque pu échapper détection. Si le tigre venait du plus petit cours d'eau pour se nourrir, ni homme ni animal empruntant le lit principal ne pourrait le voir, car il serait caché par le rocher.
«Ò¡ÊѵÇìàÅÕé§ ¢Í§ªÒǺéÒ¹ ¶Ù¡¤ÅØÁ äÇé ´éÇ 㺠äÁé áÅСÔè§ äÁé áË駨¹à¡×ͺ Êѧࡵ äÁèÍÍ¡ áÅжéÒ à¨éÒ àÊ×Í µÑǹÕé à´Ô¹ÍÍ¡ÁÒµÒÁÅÓËéÇÂàÅç¡à¾×è͡Թ «Ò¡ ¤¹ËÃ×ÍÊѵÇì ·ÕèÁÒ¨Ò¡·ÔÈËéÇ ãËè ¨Ð äÁèÁÕ·Ò§Áͧ àËç¹ÁѹàÅ à¹×èͧ¨Ò¡ÁÕËÔ¹¡é͹¹Ñé¹ º´ºÑ§ ÍÂÙè
Même s'il venait de la direction opposée, il ne serait pas vu non plus, car le renfoncement était caché par l'avancée des berges à la confluence.
¶Ö§ÁÒ¨Ò¡ ½Ñ觵ç¢éÒÁ ¡ç ¨ÐÁͧ äÁè àËç¹ ÍÕ¡ àªè¹¡Ñ¹ à¹×èͧ¨Ò¡áÍ觴ѧ ¡ÅèÒÇËź ÍÂÙè¡Ñº ¤ÇÒÁªÑ¹¢Í§µÅÔè§ËéÇÂá¡
La seule direction de laquelle il pourrait être vu, c'était en amont de l'affluent, qui dégringolait de tout en haut ;
·Ò§à´ÕÂÇ·Õè¨Ð àËç¹Áѹ ¤×ÍÁÒ¨Ò¡µÍ¹º¹¢Í§ÅÓËéÇÂàÅç¡ «Öè§äËÅàÅÒÐŧÁÒ¨Ò¡ ¤ÇÒÁ ÊÙ§
et personne ne pouvait venir de cette direction sinon le tigre lui-même.
áµè àÊé¹·Ò§¹Ñé¹ ¡çÁÔãªè àÊé¹·Ò§·Õè ã¤Ã ¨Ð à¢éÒÁÒ ä´é ¹Í¡¨Ò¡ µÑÇÁѹ àͧ
Son père avait secoué la tête à l'ingéniosité du tigre, et averti son fils de ne jamais le sous-estimer.
¾èÍÊèÒÂËÑÇ ãËé ¤ÇÒÁ©ÅÒ´¢Í§ àÊ×Í ¾ÃéÍÁ¡Ñº àµ×͹ à¢ÒÇèÒ ¨Ðµéͧ äÁè»ÃÐÁÒ· à»ç¹ Íѹ¢Ò´
Il respectait tous les animaux qu'il avait de sa vie traqués, et lui avait toujours dit que, si nécessité le forçait à tuer, il devait le faire en respectant son adversaire.
¾è͹Ѻ¶×Í ÊѵÇì ·Ø¡ µÑÇ·Õè¾èÍà¤ÂÅèÒ áÅÐÊ͹ à¢ÒÁÒ µÅÍ´ÇèÒ áÁé ¤ÇÒÁ¨Ó à»ç¹ ¨Ð ºÑ§¤Ñº ãËéµéͧ ¦èÒ áµè ¡ç¢Í ãËé·Ó ´éÇ ¤ÇÒÁà¤Òþ ã¹ ¤ÙèµèÍ ÊÙé
Jamais il ne s'était vanté de ses exploits de chasse, et moins encore d'avoir trouvé satisfaction à prendre des vies.
¾èÍäÁèà¤ÂÅèÒÊѵÇì ÍÇ´ ã¤Ã ÍÂèÒÇèÒ áµè ¨Ð¾Í 㨠㹡ÒûÅÔ´ªÕÇÔµ Í×è¹
Il n'en était pas sûr, mais peut-être que c'était la raison secrète pour laquelle son père l'avait envoyé faire ses études à la ville, afin qu'il puisse rompre avec la vie solitaire du chasseur qui avait été son lot à lui.
à¢Ò äÁèÃÙé ... ºÒ§·Õ¹Ñè¹ÍÒ¨ ¨Ð à»ç¹à赯 ¼Åàº×éͧ ÅÖ¡·Õè·Ó ãËé¾èÍÊè§ ãËé à¢Ò ä»àÃÕ¹ ˹ѧÊ×Í ã¹àÁ×ͧ àÃÕ¹à¾×èÍ ãËéËÅØ´¾é¹ 仨ҡªÕÇÔµ¾ÃÒ¹Êѹâ´É Ẻ·Õè¾èÍ ãªéÁÒ
Les derniers rayons du jour baignaient le faîte des arbres, éclaboussant de lumière la jungle tout entière.
áÊ§ÊØ´·éÒ¢ͧÇѹ ÊÒ´ÂÍ´ äÁ騹 ·Ñé§»èÒà»Åè§»ÃСÒÂ
Bientôt, tout se mit à pâlir et s'estomper.
¨Ò¡¹Ñé¹äÁè¹Ò¹·Ø¡ÍÂèÒ§ ¡ç«Õ´àÅ×͹ŧÍÂèÒ§ÃÇ´ àÃçÇ
Un froid perçant recouvrit les entours comme un deuil triste.
¤ÇÒÁ àÂç¹àÂÕºá¼è¤ÅØÁ ·Ñé§ÍÒ³ÒºÃÔàdzÃÒÇ ¤ÇÒÁâÈ¡àÈÃéÒ
Il avait fait signe de la tête à son père, qui était sur le point de retourner au village après l'avoir aidé à choisir un arbre et à construire une plate-forme et lui avoir fait toutes sortes de recommandations.
à¢Ò¾Âѡ˹éÒ ãËé¡Ñº ¾èÍ «Öè§¡ÓÅѧ ¨Ð à´Ô¹ ¡ÅѺËÁÙèºéÒ¹ ËÅѧ¨Ò¡ ªèÇ à¢Ò àÅ×Í¡µé¹ äÁé ¢Ñ´ ËéÒ§ áÅÐá¹Ð¹Ó ÊÔè§µèÒ§æ ãË騹¤Ãº¶éǹ
Son père l'avait regardé avec des yeux pleins d'inquiétude et de secret orgueil, mais dans la fente de ces yeux il n'avait pu s'empêcher de penser qu'il voyait des éclairs liquides.
¾èÍÁͧµÍº¡ÅѺÁÒ ´éÇÂÊÒµҷÕè ·Ñé§ à»ç¹Ëèǧ áÅлÅÒº»Å×éÁ áµè ã¹á©¡ ÁØÁàÅç¡æ ¢Í§áÇÇµÒ ¤Ùè¹Ñé¹ à¢ÒÍ´ÃÙé ÊÖ¡ äÁè ä´éÇèÒÁѹÁÕ»ÃСÒ¢ͧËÂÒ´ ¹éÓ
Il n'avait pu croire que son père pleurait, mais celui-ci ne lui avait pas laissé le temps de poursuivre ses observations.
à¢Ò äÁè ÍÂÒ¡ ¨Ð àª×èÍÇèÒ¾èÍÃéͧäËé áµè¾èÍ ¡ç äÁè ÍÂÙè ãËé à¢Ò ÊѧࡵÁÒ¡ 仡ÇèÒ¹Õé
Il lui avait fait un signe de la main, puis lui avait tourné le dos en hâte et s'était éloigné sans regarder ni à gauche ni à droite.
¾èÍ⺡Á×͵ͺáÅéÇ ¡çÃÕºËѹ ËÅѧ à´Ô¹´ØèÁæ ¨Ò¡ ä»
La jungle tout entière s'était plongée dans les bras de la nuit.
·Ñé§»èÒµ¡ ÍÂÙè ã¹ÍéÍÁᢹ¢Í§ ¤ÇÒÁ Á×´ ...
Il n'était pas certain depuis combien de temps il était assis immobile et silencieux, et de toute façon, au point où il en était, cela n'avait guère d'importance.
à¢Ò äÁè á¹è ã¨ÇèÒ µÑÇ àͧ ¹Ñè§ ÍÂÙèÍÂèÒ§à§Õº ¹Ôè§ à»ç¹ àÇÅÒ¹Ò¹ á¤è ä˹ áÅéÇ áÅÐ ¶Ö§µÍ¹¹Õé ºÒ§·ÕÁѹÍÒ¨ ¨Ð äÁèãªèàÃ×èͧ ÊÓ¤Ñ Íѹ 㴹ѡ
Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait pas rendu visite à son père et qu'il ne s'était pas incliné devant les cendres de sa mère, et plus longtemps encore qu'il avait quitté le village pour aller faire ses études dans la capitale.
¹Ò¹ÁÒ¡·Õà´ÕÂÇ·Õèà¢Ò äÁè ä´é ¡ÅѺÁÒàÂÕèÂÁ¾èÍ áÅÐ äËÇéáÁè ã¹â¡È ¹Ò¹ÂÔè§ ¡ÇèÒ¹Ñé¹ ÍÕ¡ ·Õè à¢ÒÍÍ¡¨Ò¡ËÁÙèºéÒ¹¹Õé ä»àÃÕ¹µèÍ ã¹àÁ×ͧ ËÅǧ
Celles-ci terminées, il avait travaillé pour vivre, changeant souvent d'emploi avant de trouver une façon de gagner sa vie à sa convenance.
àÃÕ¹¨º·Ó§Ò¹ËÒàÅÕ駪վ à»ÅÕè¹§Ò¹ËÅÒ ¤ÃÑé§ ¡ÇèÒ ¨ÐÊÒÁÒö¼¹Ö¡ ¡ÒÃËÒàÅÕé§ ªÕ¾ à¢éҡѺ ¤ÇÒÁ¾Í ã¨
Mais, au fil du temps, il avait senti son territoire se rétrécir, au point qu'au tréfonds de lui-même il percevait que sa survie était menacée, non parce qu'on voulait attenter à sa vie, mais parce qu'il avait commencé à avoir le sentiment qu'il n'avait pas de vie.
áµè áÅéÇÂÔè§ ÍÂÙè ä» à¢Ò ¡çÃÙé ÊÖ¡ÇèÒ ¾×é¹·ÕèÊÓËÃѺ µ¹ àͧ˴᤺ŧ ¡ÃзÑè§ÃÙé ÊÖ¡ ¶Ù¡¤Ø¡¤ÒÁ ¤ÇÒÁ ÍÂÙèÃÍ´ ã¹ ÊèǹÅÖ¡¢Í§ ËÑÇ ã¨ ÁÔãªè à»ç¹à¾ÃÒÐÁÕ ¼Ùé ã´ ÍÂÒ¡ ¨Ð àÍÒªÕÇÔµ à¢Ò ËÒ¡ à»ç¹à¾ÃÒÐ à¢ÒàÃÔèÁÃÙé ÊÖ¡¤ÅéÒµ¹ àͧ äÁèÁÕªÕÇÔµ
Il parlait de moins en moins aux autres, même s'il désirait si fort trouver quelqu'un avec qui parler qu'il en était quasiment au point d'implorer ciel et terre.
à¢Ò¾Ù´¡Ñº ¤¹ ¹éÍÂŧ ·Ñé§æ ·Õè ÍÂÒ¡ ¨Ð¾Ù´¡Ñº ã¤ÃÊÑ¡¤¹ ¨¹à¡×ͺµéͧ͸Ôɰҹ¡Ñº ¿éÒ´Ô¹
Mais comme il n'avait personne à qui parler, il choisit de ne pas parler du tout.
áµè ã¹àÁ×èͤ¹·Õè¾Ù´¡Ñ¹ ä´é äÁèÁÕ à¢Ò ¡ç àÅ×Í¡·Õè ¨Ð äÁè¾Ù´
Toutefois, comment peut-on prétendre qu'avancer à pas lents le long d'une route ou sur la sente du destin est chose plaisante ?
áµè¡Òà à´Ô¹ ÂèÓ ä»µÒÁÅӾѧ ä˹àÅ ¨ÐÍéÒ§ ä´éÇèÒ à»ç¹ ¤ÇÒÁÃ×è¹ÃÁÂìËÃÃÉÒ äÁèÇèÒ ¨Ð¡éÒÇ à·éÒ ä»º¹¶¹¹ÊÒÂ˹Öè§ ËÃ×Í¡éÒÇ à´Ô¹ 仺¹Ë¹·Ò§ áË觪еҡÃÃÁ
Il n'avait d'autre option que de continuer de marcher ainsi.
à¢Ò à¾Õ§µéͧ à´Ô¹ ä»ÍÂèÒ§¹Ñé¹ ·Ñé§æ
Bien qu'il ne le voulût point, il le devait, car c'était la seule façon pour lui d'atteindre certains objectifs.
·ÕèäÁè ÍÂÒ¡·Ó àªè¹¹Ñé¹ áµè à¢Òµéͧ·Ó àªè¹¹Ñé¹ à¾ÃÒÐÁѹ¡ÅÒ à»ç¹ÇÔ¶Õà´ÕÂÇ·Õè ¨Ð à´Ô¹ ä» ÊÙè¨Ø´ËÁÒºҧÍÂèÒ§
L'espace vital dans lequel il pouvait se mouvoir et respirer se rétrécissait tandis que s'élargissait jour après jour la friche dans son c?ur.
¾×é¹·ÕèÊÓËÃѺ ¡ÒÃà¤Å×è͹ äËÇ ãªéªÕÇԵŴŧ ¢³Ð ¾×é¹·ÕèáÃéÒ§ÇèÒ§ à»ÅèÒ ã¹ ã¨¹Ñº Çѹ ÂÔè§ ¢ÂÒÂ
Finalement, il en était arrivé au point de devoir choisir entre élargir l'un ou prendre soin de l'autre.
ã¹·Õè ÊØ´ ¡çÁÒ ¶Ö§¨Ø´·Õè à¢Ò ¨Ðµéͧ àÅ×Í¡ àÍÒÃÐËÇèÒ§¡Òúء àºÔ¡ ¾×é¹·ÕèÍÂèÒ§áá ¡Ñº ¡ÒôÙáÅ ¾×é¹·ÕèÍÂèÒ§ËÅѧ
Mais il en vint à se rendre compte qu'en réalité, les deux options n'en faisaient qu'une.
áµè à¢Ò ¡ç¾ºÇèÒá·é ¨ÃÔ§ áÅéÇÁѹ à»ç¹ÊÁÃÀÙÁÔ à´ÕÂǡѹ ...
Le poing qui vola ce jour-là-là rendit sa lettre de démission redondante.
¡Ó»Ñé¹·ÕèÅÑè¹ ÍÍ¡ ä» ã¹Çѹ ¹Ñé¹ ·Ó ãËé ãºÅÒÍÍ¡¨Ò¡§Ò¹¡ÅÒ à»ç¹ àÍ¡ÊÒÃÅé¹ à¡Ô¹
La table, la chaise et les rayons de livres qui s'effondrèrent les uns sur les autres le privèrent du droit de réclamer le dernier versement de son salaire, et les regards durs des témoins de la scène signifiaient clairement qu'il aurait du mal à retrouver un emploi.
âµêÐ à¡éÒÍÕé áÅЪÑé¹ ÇÒ§ ˹ѧÊ×Í·ÕèÅéÁÃÐà¹ÃйҴ ·Ó ãËé à¢ÒËÁ´ÊÔ·¸Ô¾Ù´àÃ×èͧ à§Ô¹ à´×͹§Ç´ ÊØ´·éÒ áÅÐÊÒµҢͧ ¼Ù餹·Õè àËç¹à赯 ¡ÒÃ³ì ¡çºÍ¡ ªÑ´ÇèÒ à¢Ò¤§ËÒ§Ò¹ãËÁè ä´éÂÒ¡ àµçÁ·Õ
Mais, en ce qui le concernait, tout s'était éclairci aussitôt avec une facilité qui l'étonnait.
áµèÊÓËÃѺ à¢Ò ... La friche dans son c?ur avait commencé à reculer.
¾×é¹·ÕèáÃéÒ§ ã¹ ã¨Ë´á¤º
Il avait l'impression de posséder le monde tout entier, parce qu'en l'instant il possédait son âme de nouveau.
à¢ÒÃÙé ÊÖ¡ÃÒǡѺ à»ç¹à¨éÒ ¢Í§âÅ¡ ·Ñé§âÅ¡ à¾ÃÒÐ ã¹ËéǧÂÒÁ´Ñ§ ¡ÅèÒÇ à¢Ò ä´é à»ç¹à¨éÒ ¢Í§ÇÔÒ³¢Í§ µÑÇ àͧ
Son père ne lui avait pas demandé une seule fois pourquoi il était revenu et, de fait, son père avait eu raison : c'était ici chez lui et il n'avait pas besoin d'excuse pour y revenir.
¾èÍäÁèà¤Â¶ÒÁ áÁé áµè ¤Óà´ÕÂÇÇèÒ à¢Ò ¡ÅѺÁÒºéÒ¹·ÓäÁ áÅÐ ¨ÃÔ§æ ¡ç ¶Ù¡¢Í§¾èÍ ã¹àÁ×èÍ·Õè¹Õè à»ç¹ºéÒ¹ Ëǹ ¤×¹äµéͧÁÕà赯 ¼Å
Mais son père n'avait pu s'empêcher de faire allusion à son retour.
áµè¾èÍ ¡çÍ´ äÁè ä´é·Õè ¨ÐàÍè»ҡ ¶Ö§¡Òà ¡ÅѺÁҢͧ à¢Ò
Ce qu'il avait dit était très pertinent, comme toujours, et avait failli le faire éclater en sanglots.
¾è;ٴÊÑ鹿 µÒÁ Ẻ©ºÑº¢Í§¾èÍ ·ÇèÒ·Ó ãËé à¢Ò ¶Ö§¡Ñº µéͧËÅÑè§ ¹éÓµÒ
" J'ai eu tort de t'envoyer au loin pour ton éducation.
"¡Ù¼Ô´ àͧ·ÕèÊè§ÁÖ§ ä»àÃÕ¹ ˹ѧÊ×Í
J'aurais dû penser que tu ne t'entendrais jamais avec cette engeance.
¹Ö¡áÅéÇÇèÒÁÖ§¤§ ÍÂÙè¡Ñº à¢Ò äÁèä´
Tu me ressembles trop. "
ÁÖ§àËÁ×͹¡ÙÁÒ¡ à¡Ô¹ ä»"
Il avait pris ces mots comme une consolation, et qui dit qu'un adulte n'a point besoin d'être consolé ?
à¢Ò¶×Í ÇèÒ¹Ñ蹤×Í ¤Ó»Åͺâ¹ áÅéÇ ã¤ÃÇèÒ ¼ÙéªÒ·Õèâµ àµçÁ·Õè äÁèµéͧ¡Òà ¤Ó»Åͺâ¹ ...
Qui dit que quelqu'un qui refuse de faire des courbettes n'a pas de c?ur ?
ã¤ÃÇèÒ¤¹·Õè äÁè¡éÁ ãË餹 Í×è¹ äÁèÁÕ ËÑÇ ã¨
Au c?ur de la nuit, tous les bruits de la jungle soudain cessèrent comme si le monde avait pris fin.
´Ö¡Ê§Ñ´ ... ¨Ùèæ ÊÃþÊÓà¹Õ§ áËè§ÃÒµÃÕ ¡çà§ÕºËÒÂÃÒÇâÅ¡ ÊÔé¹ ÊØ´Å§
Il sut aussitôt que c'était l'instant qu'il attendait, mais les larmes qui coulaient de ses yeux rendaient toutes choses sous lui floues.
à¢ÒÃÙé ä´é·Ñ¹·ÕÇèÒ¹Õè¤×͹ҷշÕèà½éҤ͠áµè ¹éÓµÒ·Õè àµçÁÅé¹ ·Ñé§Êͧ¢éÒ§ ¡ç·Ó ãËé·Ø¡ÍÂèÒ§¢éÒ§ÅèÒ§´Ù¾ÃèÒàÅ×͹ ä»ËÁ´
Tout était déjà indistinct dans l'obscurité, mais à présent il pouvait à peine voir la moindre forme.
Áѹ¾ÃèÒàÅ×͹ÍÂÙè áÅéÇ ã¹ ¤ÇÒÁ Á×´ áµèºÑ´¹Õé à¢Òá·º ¨ÐÁͧ äÁè àËç¹ÃÙ»Åѡɳì¢Í§ ÊÔè§ ã´
Tandis qu'il levait sa main gauche pour s'essuyer les yeux, il entendit un caillou dégringoler près de la jonction des cours d'eau.
¢³Ð¡Á×Í¢éÒ§«éÒ ¢Öé¹àªç´ËÂÒ´ ¹éÓãÊÍÍ¡¨Ò¡´Ç§µÒ à¢Ò ä´éÂÔ¹ àÊÕ§¡é͹ËÔ¹¾ÅÔ¡·Ò§ËéÇÂá¡
Il tendit la main pour s'emparer de sa torche à cinq piles et pour l'ajuster au museau de l'arme, mais le soubresaut d'un sanglot la fit tinter contre le canon.
¾ÍàÍ×éÍÁÁ×Íä» ËÂÔº ä¿©Ò ¢¹Ò´ ËéÒ·è͹ÁÒ»ÃзѺ¡Ñº ¤Í »×¹ áç ÊÐÍ×é¹ ¡ç·Ó ãËéÁѹ¡Ãзº¡Ñº ÅÓ¡Åéͧ´Ñ§ ¡Ôê¡
Dans le même instant le puissant rugissement d'un tigre adulte retentit en provenance des lits asséchés et, l'instant suivant, le pinceau lumineux de la torche n'éclairait qu'un vide de sable et de galets.
ã¹àÊÕéÂÇÇÔ¹Ò·Õ¹Ñé¹ àͧ àÊÕ§ ¤ÓÃÒÁ¡Ö¡¡éͧ¢Í§ àÊ×Í·Õèâµ àµçÁ·Õè ¡ç´Ñ§ ÊзéÒ¹ ä» ·Ñé§ÅÓËéÇ áÅÐ ã¹¾ÃÔºµÒµèÍÁÒ ÅÓáʧ¨Ò¡ ä¿©Ò ¡ç¨Ñº ä´é à¾Õ§ ¤ÇÒÁÇèÒ§ à»ÅèÒ ã¹ÃÙ»¢Í§¡é͹ËÔ¹ áÅÐáÍè§·ÃÒÂ
Il éteignit la torche et posa la carabine.
à¢Ò»Ô´ÊÇÔµªì ä¿©Ò ¾ÃéÍÁ¡Ñº Å´ »×¹Å§
Son c?ur se serra, de frayeur ou de regret pour l'occasion manquée ou les deux à la fois, il n'aurait su le dire.
㨠àµé¹ÃÐÃÔ¡ ÃÐÃÑÇ ºÍ¡ µÑÇ àͧ äÁè ¶Ù¡ÇèÒµ¡ 㨡ÅÑÇËÃ×Í àÊÕ 㨷Õè¾ÅÒ´ âÍ¡ÒÊ ËÃ×Í ·Ñé§ÊͧÍÂèÒ§¼ÊÁ¡Ñ¹
Il savait seulement qu'à partir de maintenant et jusqu'à l'aube, il allait devoir rester sur la plate-forme tout seul à attendre que le soleil pointe au-dessus de la crête avant de pouvoir se frayer un chemin dans l'ombre blême.
à¢ÒÃÙé áµèÇèÒ¨Ò¡¹Õé 仨¹ÃØè§ÊÒ§ à¢Ò ¨Ðµéͧ ÍÂÙ躹 ËéÒ§µÒÁÅӾѧ ¹Ñè§ÃÍ ãËé µÐÇѹ â¼Åè¾é¹Êѹ à¢Ò¡è͹·Õè ¨Ð¤ÅÓËÒ·Ò§µèÍ ä»
Demeurer assis seul simplement pour laisser filer des heures vides.
¹Ñ觤¹à´ÕÂÇ à¾Õ§¼èÒ¹¾é¹ËéǧÂÒÁ·ÕèËÁ´ âÍ¡ÒÊ ...
Cela, ressentait-il, était bien plus difficile que de rester aux aguets à attendre le tigre.
Áѹà»ç¹ ÊÔè§·Õè à¢ÒÃÙé ÊÖ¡ÇèÒÂÒ¡ÅÓºÒ¡¡ÇèÒ ¹Ñè§ÃÍ àÊ×Í
3
3
Les doux rayons du soleil caressaient l'échine des monts avec des doigts d'amour.
áʧµÐÇѹ ¹ÇŹØèÁÅÙºäÅé·ÔÇ à¢ÒÃÒÇ ½èÒÁ×ͧ͢ ¤ÇÒÁÃÑ¡
L'haleine chaude de l'aube se répandait et asséchait les larmes de la nuit, tandis qu'un ruban de brume s'attardait parmi les arbres, desserrant son étreinte à contrec?ur.
äÍÍØè¹áËè§ÃØè§ÍÃØ³á¼è«Ñº ¹éÓµÒ áËè§ÃÒµÃÕ ¢³ÐÊÒÂËÁÍ¡¡ÃØè¹ Âѧ äÁèÂÍÁ¤ÅÒÂáÁ¡ äÁéÍÍ¡¨Ò¡ÍéÍÁ¡Í´
Elle lui avait dit qu'elle avait de l'amour à donner, mais que partager sa vie n'était pas pour elle : elle n'était pas comme lui et ne voulait point l'être...
à¸ÍºÍ¡¡Ñºà¢ÒÇèÒ ¤ÇÒÁÃÑ¡¹Ñé¹ ÁÕ ãËé áµè ÍÂÙèÃèÇÁ äÁè»ÃÒö¹Ò à¸Í äÁèÍÒ¨ à»ç¹ÍÂèÒ§ à¢Ò áÅÐ äÁèµéͧ¡Ò÷Õè ¨Ð à»ç¹ ...
Il pensait à sa première jeune fille tandis qu'il se penchait pour examiner les traces de rosée sur les feuilles le long du chemin.
à¢Ò¹Ö¡ ¶Ö§ ËÔ§ÊÒǤ¹áá ¢³Ð¡éÁŧ µÃǨÃÍ ¹éÓ¤éÒ§º¹ 㺠äÁé¢éÒ§·Ò§
Chaque goutte était encore ronde et brillante : aucun animal n'était passé par ici récemment.
·Ø¡ËÂÒ´Ë´Âѧ¡ÅÁãÊ äÁèºè§ºÍ¡ ÇèÒÁÕÊѵÇì ã´à¾Ôè§ à´Ô¹¼èÒ¹
Il était possible que le tigre ait gagné la cachette avant minuit.
à»ç¹ ä» ä´éÇèÒ àÊ×Í à¢éÒÁÒ·Õè¨Ø´«è͹«Ò¡¡è͹ à·Õè§ ¤×¹
Il avait quitté la plate-forme d'affût dès qu'il avait pu voir nettement les lignes de ses paumes.
à¢Òŧ¨Ò¡ ËéÒ§ µÑé§ áµèàÃÔèÁÁͧ àËç¹ÅÒÂÁ×Í µÑÇ àͧ ªÑ´à¨¹
Depuis lors, il avait longé l'embranchement des ruisseaux à la recherche de la piste.
¨Ò¡¹Ñé¹àÅÒÐËéÇÂá¡à¾×èÍ¤é¹ ËÒ·Ò§ à´Ô¹¢Í§Áѹ
Des empreintes dans le sable et des feuilles brisées lui avaient appris où le tigre avait grimpé sur la berge mais, peu après ce point, la jungle était un épais fouillis de fourrés sous des frondaisons.
ÃÍµСØÂ·ÃÒÂáÅР㺠ËéÒ©Õ¡·Ó ãËé à¢ÒÃÙé ¨Ø´·ÕèÁѹäµè ¢Ö鹨ҡËéÇ áµè¾é¹¨Ò¡¨Ø´¹Õé ä» äÁè ä¡Å ·Ñé§»èÒ ¡ç àµçÁ ä» ´éǾØèÁ äÁéàµÕéÂæ ÍÑ´ á¹è¹¡Ñ¹ ÍÂÙè ãµéÃèÁ äÁé ÊÙ§
Il serait très difficile d'y trouver des traces de pas.
Áѹà»ç¹àÃ×èͧ ÂÒ¡ÁÒ¡ ·Õè à¢Ò ¨Ð¤é¹ ËÒÃÍ µÕ¹
Il décida de marcher devant lui à travers les broussailles en direction de la clairière, car il pensait improbable que le tigre ait fait un détour : il n'avait pas à le faire, étant habitué à se déplacer invisible entre les fourrés.
à¢ÒµÑ´ ÊÔ¹ ã¨ÅØÂá¹Ç äÁ龨èÁ àËÅèÒ¹Ñé¹ ä»ËÒ·ÕèâÅè§ àÍÒ¢éҧ˹éÒ à¾ÃÒÐ ¤Ô´ÇèÒÍÂèÒ§äà àÊÕ àÊ×Í ¡ç¤§ äÁèÅ´àÅÕéÂÇ ä»·Ò§·ÔÈ Í×è¹ Áѹ äÁè¨Ó à»ç¹µéͧŴàÅÕéÂÇ à¾ÃÒÐÊÓËÃѺ Áѹ¡Òà à´Ô¹ËÒ à¢éÒ ä» ã¹ ¤ÇÒÁáàÃ×é͹Ѻ à»ç¹àÃ×èͧ ¸ÃÃÁ´Ò
Ses deux bras ramaient contre la marée de broussaille, une main tenant toujours l'arme, comme un combattant enfoncé jusqu'au cou dans une eau émeraude se débat pour s'assurer l'avantage sur le champ de bataille.
Êͧᢹ¢Í§à¢ÒáËÇ¡ÇèÒ¾ØèÁ äÁé ¢³ÐÁ×Í˹Öè§ Âѧ¡Ó »×¹ ´ÙÃÒǹѡú·Õè¡ÓÅѧÅͤͼèÒ¹Ëéǧ ¹éÓÊÕÁáµà¾×èÍ ¤ÇÒÁ ä´éà»ÃÕº ã¹ÊÁÃÀÙÁÔ
Des gouttes de rosée fraîches pénétraient ses vêtements, et tout son corps était trempé.
¹éÓ¤éÒ§Ê´ «ÖÁ«èÒ¹ à¢éÒ ä» ã¹ àÊ×éÍ ¼éÒ¨¹ ·Ñé§ÃèÒ§¡Ò à»Õ¡ªØèÁ
La sueur ruisselait librement et il avait l'impression que la chair de son visage allait fondre.
à˧×è;ÃÑè§¼ÊÁ·ÓãËé ·Ñé§ á¼è¹Ë¹éÒ à¹×éÍ Ë¹Ñ§´ÙÃÒÇ ¨ÐËÅÍÁÅÐÅÒÂ
Des lianes prêtes à crocher ses bras et ses jambes et même son cou lui faisaient perdre l'équilibre à l'occasion, mais alors qu'il était quasiment au bout de ses forces, il se trouva soudain libéré des buissons.
à¤Ã×Íà¶Ò·Õè¤Í¾ѹá¢é§¾Ñ¹¢Ò¡ÃзÑ觾ѹ¤ÃÙ´ÅÓ¤Í·Ó ãËé à¢Ò àÊÕ¡Ò֍ µÑÇ à»ç¹ºÒ§ ¤ÃÑé§ áµè áÅéÇ ã¹ÍÖ´ 㨷Õèà¡×ͺ ¨ÐËÁ´ ÊÔé¹ à¢Ò ¡çËÅØ´ÍÍ¡ÁÒ¨Ò¡·ÔÇ·ÖºµÃ§¹Ñé¹
Juste en face de lui s'étendait un tertre herbeux, un espace nu entouré de jungle, avec des flaques floues de soleil doux ici et là.
¢éҧ˹éÒà»ç¹à¹Ô¹ ËéÒàÅç¡æ à»Ô´ âÅè§ ÍÂÙè¡ÅҧǧÅéÍÁ¢Í§»èÒ´§ á´´Íè͹ÊÒ´ºÒ§ Êèǹ¢Í§ÁѹÅÐÁع
Il se baissa pour s'asseoir et s'adosser à un arbre devant l'étendue d'herbe, sans oublier d'appuyer son arme contre le tronc avant de se baisser.
à¢Ò·ÃØ´ µÑÇŧ ¹Ñ觾ԧ⤹ äÁé ÊØ´·éÒ¡è͹ ¶Ö§ ·Øè§ ËéÒ â´Â äÁè Å×Á·Õè ¨Ð¾Ô§ »×¹¡è͹¾Ô§ µÑÇ
Ses yeux luisants balayèrent l'herbage comme le pinceau d'une torche, mais avant peu ils se rétrécirent de désarroi.
´Ç§µÒáÇÇÇÒÇ¡ÇÒ´ ä»Ãͺ ·Øè§ àËÁ×͹¡ÒÃÊÒ´ÅÓáʧ¢Í§ ä¿©Ò áµè äÁè¹Ò¹Áѹ ¡ç¤ÅÕè¤ÅÒ à»ç¹ËÃÕèÃѹ·´ ...
En fait, elle n'était pas partie : c'est qu'elle n'était jamais entrée, se dit-il, et comme elle n'était vraiment jamais entrée, la rencontrer lui avait fait comprendre qu'il n'avait encore rencontré personne.
¨ÃÔ§æ áÅéÇà¸Í äÁè ä´é¨Ò¡ ä» à¾Õ§ áµèà¸Í äÁèà¤Â à¢éÒÁÒ ... à¢Ò¹Ö¡ 㹠㨠áÅÐà¹×èͧ¨Ò¡à¸Í äÁèà¤Â à¢éÒÁÒ¢éÒ§ ã¹ ä´éÍÂèÒ§á·é ¨ÃÔ§ ¡Òþºà¸Í¨Ö§ÂÔè§ µÍ¡ÂéÓÇèÒ à¢Ò Âѧ äÁèà¤Â¾º ã¤Ã
Il ne comprenait pas les femmes, ou peut-être qu'il était une énigme trop difficile pour les jeunes filles en général : il n'aurait su le dire.
à¢Ò äÁè à¢éÒ ã¨ ¼Ùé ËÔ§ ËÃ×ͺҧ·Õ à¢ÒÍÒ¨ ¨Ð à»ç¹â¨·Âì·ÕèÂÒ¡ à¡Ô¹ ä»ÊÓËÃѺ ËÔ§ÊÒÇ ·Ñ駻ǧ ... à¢Ò äÁèÃÙé
Certaines semblaient vouloir venir à portée, mais bientôt reprenaient leurs distances ; d'autres n'intervenaient que du dehors ; d'autres encore voulaient goûter de sa différence, ou était-ce de sa virilité ?
ºÒ§¤¹·Ó·èÒà¢éÒÁÒ ã¡Åé áµè áÅéǶÍÂËèÒ§ ºéÒ§¾ÑǾѹ à¾Õ§ÀÒ¹͡ ºéÒ§ ÍÂÒ¡ÁÒÊÑÁ¼ÑʡѺ ¤ÇÒÁ ᵡµèÒ§¢Í§ à¢Ò ... ËÃ×Í ¤ÇÒÁ à»ç¹ ¼ÙéªÒ¨Ѵ ¢Í§ à¢Ò
Mais, au bout du compte, aucune d'elles n'était capable de lui fournir cette part de son âme qui lui manquait.
áµè¨¹ áÅéǨ¹ÃÍ´ ¡ç äÁèÁÕ ã¤ÃÊÒÁÒö¹Ó ¾ÒÇÔÒ³ Êèǹ·ÕèËÒ 仢ͧ à¢ÒÁÒÊÁ·º
L'amour vrai est une seule âme résidant en deux corps : il avait trouvé la formule dans un grimoire et il se souvenait encore du frisson qui l'avait parcouru quand il l'avait lue pour la première fois.
ÃÑ¡á·é¤×ÍÇÔÒ³à´ÕÂÇ·ÕèʶԵÍÂÙè ã¹ÊͧÃèÒ§ ... à¢Òà¤Â ÍèÒ¹¾º¢éÍ ¤ÇÒÁ àªè¹¹Õé ÍÂÙè ã¹µÓÃÒ âºÃÒ³ºÒ§àÅèÁ áÅÐ Âѧ¨Ó ¤ÇÒÁÃÙé ÊÖ¡ÊÑè¹ÊзéÒ¹¢Í§ µÑÇ àͧ ä´éàÁ×èÍ àËç¹»ÃÐ⤴ѧ ¡ÅèÒÇ à»ç¹ ¤ÃÑé§ áá
Si une seule âme existe en deux corps, un corps n'abrite qu'une moitié d'âme ; la moitié manquante doit se trouver en quelqu'un d'autre.
¶éÒÇÔÒ³à´ÕÂÇ´Óç ÍÂÙè ã¹ÊͧÃèÒ§ ã¹Ãèҧ˹Öè§ ¡çÁÕ ÇÔÒ³ ÍÂÙè à¾Õ§ ¤ÃÖè§à´ÕÂÇ ·Õè àËÅ×Í Âѧµéͧ¤é¹ ËÒÇèÒʶԵ ÍÂÙè ã¹ ¼Ùé ã´
Quand ils se trouvent, les deux le savent, et leur union doit être un appariement total, mystérieux et profond, plus significatif que tout.
àÁ×è;º·Ñé§Êͧ ½èÒ¤§ ¨ÐÃÙé áÅÐÁѹ¤§ à»ç¹¡ÒÃÊÑÁ¼ÑÊ·ÕèÂÔè§ ãËè ÅÕéÅѺ áÅÐÅÖ¡«Öé§ à˹×Í ¤Ó¨Ó¡Ñ´ ¤ÇÒÁ ·Ñé§ËÅÒ ·Ñ駻ǧ
Ce doit être une glissade inéluctable l'un vers l'autre plutôt qu'une progression à tâtons, un chant de silence résonant dans les profondeurs de deux c?urs, un événement d'ampleur universelle infiltrant jusqu'à la moindre particule d'émotion.
Áѹ¤§à»ç¹¡ÒÃà¤Å×è͹ à¢éÒËҡѹÁÒ¡¡ÇèÒ¡ÒõԴµÒÁä¢Çè¤ÇéÒ à»ç¹º·à¾Å§ áËè§ ¤ÇÒÁà§Õº·Õè¡Ö¡¡éͧ ÍÂÙè ã¹ ÊèǹÅÖ¡ ÊØ´¢Í§ ËÑÇ ã¨ à»ç¹»ÃÒ¡¯¡Òóì ÃдѺ àÍ¡À¾·Õè «ÖÁÅ֡ŧ ÊÙèͳ٠áËè§ ¤ÇÒÁÃÙé ÊÖ¡
Si l'amour vrai est une seule âme résidant en deux corps, cet amour ne connaît point la séparation, car l'âme qui a trouvé la moitié manquante ne permettra pas qu'elle lui soit jamais arrachée.
ËÒ¡ÃÑ¡á·é¤×ÍÇÔÒ³à´ÕÂÇ«Öè§Ê¶Ôµ ÍÂÙè ã¹ÊͧÃèÒ§ ÃÑ¡á·éÂèÍÁ äÁèÁÕ¡ÒþÅÑ´¾ÃÒ¡ à¾ÃÒÐÇÔÒ³ «Öè§¤é¹ ¾º Êèǹ·ÕèËÒ 仢ͧµ¹ÂèÍÁÁÔÍÒ¨¡ÃÕ´à©×͹ Êèǹ¹Ñé¹ ÍÍ¡ ä» ÍÕ¡
Il s'en suit qu'aussi éloignés que soient les corps, dans les c?urs les moitiés sont scellées à jamais.
¨Ò¡¹Õéä» ÁÔÇèÒ àÃ×͹ÃèÒ§ ¨Ð ÍÂÙèËèÒ§¡Ñ¹ à¾Õ§ ã´ ã¹ ã¨ÂèÍÁÁÕ ¤ÃÖè§·Õè àËÅ×ͼ¹Ö¡ á¹è¹
Et quand le moment sacré arrive, quand deux corps qu'une seule âme habite s'interpénètrent et fusionnent pour n'en former plus qu'un, jusqu'au-delà de la voie Lactée il n'est rien qui soit aussi un que cela.
áÅÐàÁ×èÍËéǧÂÒÁ ÍѹÈÑ¡´ÔìÊÔ·¸Ôì ÁÒ ¶Ö§ àÁ×èÍÊͧÃèÒ§·Õè¶×Í ¤ÃͧÇÔÒ³à´ÕÂÇ ä´é¼¹Ö¡ Ṻ à»ç¹Ë¹Öè§ à´ÕÂÇ ... ÊØ´ ½Ñè§¿Ò¡·Ò§ªéÒ§à¼×Í¡ Åéǹ äÁèÁÕ Íѹ ã´ à»ç¹Ë¹Öè§ à´ÕÂÇ ä´é»Ò¹¹Ñé¹
Pour lui, l'amour devrait être ainsi et s'il n'était pas ainsi, sans doute faudrait-il le nommer autrement.
ÊÓËÃѺà¢Ò ¤ÇÒÁÃÑ¡¤Çà à»ç¹ àªè¹¹Õé áÅжéÒ ËÒ¡Áѹ äÁè à»ç¹ àªè¹¹Õé ºÒ§·ÕÍÒ¨µéͧàÃÕ¡Áѹ ´éÇ ¶éÍ ¤Ó Í×è¹
Qu'elle se soit éloignée pour tisser la part qui est la sienne aurait été sans importance aussi longtemps qu'elle était certaine que la part restée en lui était aussi une part d'elle-même, mais vu qu'elle était partie parce qu'elle ne voulait pas de cette part, comment l'événement le plus important de l'existence aurait-il pu advenir ?
ÁѹäÁè à»ç¹äÃàÅ ËÒ¡à¸Í ¨Ð¨Ò¡ ä»à¾×èͶѡ·Í Êèǹ·Õè à»ç¹¢Í§à¸Í àͧ µÃÒº ã´·Õèà¸Í àª×èÍÁÑè¹ ÇèÒ Êèǹ·Õè ÍÂÙè¡Ñº à¢Ò¤×Í Êèǹ˹Öè§ ¢Í§à¸Í ´éÇ áµè¶éÒ ËÒ¡à¸Í¨Ò¡ ä»à¾ÃÒÐ äÁèµéͧ¡ÒÃÁÕ Êèǹ¹Õé àÃ×èͧ ÃÒÇÂÔè§ ãËè¢Í§ªÕÇÔµ¤§ äÁèÊÒÁÒöÃѧÊÃÃ¤ì ¢Öé¹ÁÒ ä´é
Elle lui avait dit qu'elle avait de l'amour à donner, mais que partager sa vie n'était pas pour elle : elle n'était pas comme lui et ne voulait pas l'être.
à¸ÍºÍ¡ÇèÒ¤ÇÒÁÃÑ¡¹Ñé¹ ÁÕ ãËé áµè ÍÂÙèÃèÇÁ äÁè»ÃÒö¹Ò à¸Í äÁèÍÒ¨ à»ç¹ÍÂèÒ§ à¢Ò áÅÐ äÁèµéͧ¡Ò÷Õè ¨Ð à»ç¹ ...
En fait, elle n'était jamais partie, car elle n'était jamais entrée.
¨ÃÔ§æ áÅéÇà¸ÍÁÔ ä´é¨Ò¡ ä» à¸Í à¾Õ§ áµè äÁèà¤Â à¢éÒÁÒ
Le soleil de fin de matinée chauffait son visage au point qu'il dut émerger de sa rêverie.
á´´ÊÒÂÍØè¹ ¼ÔÇ˹éҢͧ à¢Ò¨¹µéͧ¡éÒÇÍÍ¡¨Ò¡ÀÇѧ¤ì
Il n'avait rien pour faire taire son estomac que l'eau de sa gourde, qui était accrochée au vieux havresac de son père.
äÁèÁÕÍÐäõ¡ ¶Ö§·éͧ¹Í¡¨Ò¡ ¹éÓ ã¹¡Ãеԡ «Öè§ ¼Ù¡µÔ´ ÍÂÙè¡Ñº à»é 㺠à¡èҢͧ¾èÍ
C'était un sac de soldat qui datait de la guerre et il le lui avait vu depuis aussi longtemps qu'il se souvenait.
Áѹà»ç¹à»é ·ËÒÃÊÁÑ ʧ¤ÃÒÁ·Õè à¢Ò àËç¹ÁÒ µÑé§ áµè¨Ó ¤ÇÒÁ ä´é
À présent, il était tout décoloré et des taches de moisissure le piquaient en bien des endroits, mais son père l'endossait chaque fois qu'il avait à passer la nuit dehors.
¶Ö§Çѹ ¹Õé ÊբͧÁѹàÅ×͹«Õ´ ÁÕÃÍÂà»×èÍ·ÐÅØ à»ç¹ÃÙàÅç¡æ ÍÂÙèËÅÒ áËè§ áµè¾èÍ ¡ç ÂѧµÇÑ´ ¢Öé¹ËÅѧ·Ø¡ ¤ÃÑé§ ·ÕèµéͧÍÍ¡Ã͹ áÃÁ¹Í¡ªÒ¹ àÃ×͹
C'était la première fois qu'il l'avait autorisé à le prendre.
¾èÍ à¾Ôè§ÂÍÁãËé à¢ÒÊоÒÂà»é 㺹Õé à»ç¹ ¤ÃÑé§ áá
Son père lui avait dit de rentrer au village s'il échouait, de ne pas poursuivre le tigre seul, car le traquer était cent fois plus difficile que de l'attendre.
¾èͺ͡ÇèÒ¶éÒ¾ÅÒ´ ãËé ¡ÅѺ à¢éÒËÁÙèºéÒ¹¡è͹ ÍÂèÒ ´èǹµÒÁ àÊ×Í ä» â´ÂÅӾѧ à¾ÃÒÐ äÅèÅèÒÁѹ ÂѧÂÒ¡¡ÇèÒ«ØèÁÂÔ§ ¹Ñº ÃéÍ à·èÒ
Mais comment pourrait-il retrouver son père le havresac vide ?
áµè à¢Ò ¨ÐÊоÒÂà»é à»ÅèÒ ¡ÅѺ ä»ËÒ¾èÍ ä´éÍÂèÒ§äÃ
C'était un accessoire que son père ne permettait à personne de toucher.
Áѹà»ç¹à»éÊÑÁÀÒÃзÕè¾èÍ äÁèà¤ÂÂÍÁ ãËé ã¤ÃáµÐµéͧ
À présent qu'il se trouvait sur ses épaules, il ne pouvait être rempli de rien d'autre que de victoire.
àÁ×èÍÁÒÍÂÙ躹 á¼è¹ËÅѧ¢Í§ à¢Ò ¢éÒ§ 㹤Çà ¨Ð ä´éºÃèتѪ¹Ð
Avec un effort pour se reprendre, il se remit en marche.
à¢ÒÍÍ¡ à´Ô¹ ÍÕ¡ ¤ÃÑé§ Ë¹Öè§ ËÅѧ¨Ò¡¾ÂÒÂÒÁ¨Ñ´ ¨Ôµ 㨠ãË黡µÔ
Juste au-delà du bord de l'herbage, la jungle se mettait à grimper rude.
ÊØ´¢Íº ·Øè§ ËéÒ¿Ò¡â¹é¹ á¹Ç»èÒàÃÔèÁäµèÃдѺ ÊÙèͧÈÒ ÊÙ§
Il se dit qu'il lui faudrait près de deux heures pour atteindre le haut de la crête.
à¢Ò ¤Ó¹Ç³´Ù áÅéÇ ¡ÇèÒ ¨Ð ¢Öé¹ ä» ¶Ö§Êѹ à¢Ò¤§µéͧ ãªé àÇÅÒà¡×ͺÊͧ ªÑèÇâÁ§
Jusqu'ici il n'avait pas vu le moindre endroit où l'énorme tigre aurait pu passer les heures de la journée, et le fait qu'il s'était rendu à la cachette dans la nuit semblait indiquer qu'il avait marché sur une assez longue distance, probablement depuis quelque part le long de la crête.
à·èÒ·Õè¼èÒ¹ÁÒ à¢Ò Âѧ äÁè àË繨ش ã´·Õè àÊ×Íâ¤Ãè§ µÑǹÑé¹ ¤Çà ÍÒÈѼèÒ¹¾é¹Çѹ àÇÅҢͧÁѹ áÅСÒ÷ÕèÁѹ à¢éҨش«è͹«Ò¡¡ÅÒ§ ´Ö¡¹èÒ ¨Ð áÊ´§ÇèÒÁѹ à´Ô¹ÁÒ¤è͹¢éÒ§ ä¡Å ¹èÒ ¨Ð à»ç¹·Õè ä˹ÊÑ¡ áË觺¹ÂÍ´ à¢Ò¹Ñé¹
La configuration des traces dans l'herbe montrait que sa déduction n'était pas fausse.
ÃͪéÓº¹ÅÒ¹ËéÒ Â×¹ÂѹÇèÒ à¢Òà´Ò äÇé äÁè ¼Ô´
À tout le moins, la nuit dernière le tigre était passé par là, et quand il eut traversé l'espace dégagé et fut entré dans la jungle, les empreintes de pas sur le sol mou le laissèrent songeur pendant un long moment.
ÍÂèÒ§¹éÍ·Õè ÊØ´àÁ×èÍ ¤×¹Áѹà¤Â¼èÒ¹ÁÒ·Ò§¹Õé áÅÐàÁ×èÍ à¢Ò¢éÒÁ ·Øè§ à¢éÒ ÊÙè´§ ÃÍ µÕ¹·Õè»ÃÒ¡¯º¹ ¼ÔÇ´Ô¹¹ØèÁ ¡ç·Ó ãËé à¢Òµéͧ Â×¹ ¤Ô´ ÍÂÙè ¹Ôè§¹Ò¹
Elles étaient plus larges qu'il ne le pensait, plus larges que la paume de sa main.
ÁѹãËè¡ÇèÒ·Õè à¢Ò¤Ò´ äÇéÁÒ¡ ¢¹Ò´¡Ò§ ½èÒÁ×ͻԴ Âѧ äÁèÁÔ´ËÁ´
Ce devait être un tigre dans la force de l'âge, voire vieillissant.
¤§à»ç¹ àÊ×Í·Õèâµ àµçÁ·Õè ¡ÃзÑ觤è͹¤ÅéÍÂ ä» ã¹·Ò§ á¡èà²èÒ ...
L'air dans la jungle était plus frais et plus humide qu'à l'extérieur ; on aurait dit d'un autre monde, mais il ne put s'empêcher de noter que son front était baigné de sueur.
ÍÒ¡ÒÈ ã¹´§ àÂ繪×鹡ÇèÒ¢éÒ§¹Í¡ÃÒǡѺ ÍÂÙ褹ÅÐÀ¾ áµè à¢Ò ¡çÍ´ÃÙé ÊÖ¡ äÁè ä´éÇèÒº¹Ë¹éÒ¼Ò¡ÁÕà˧×èÍ «ÖÁ
Ses mains étaient très froides.
Á×ÍàÂç¹à©Õº
Il changea sa prise sur l'arme, non plus portée lâche sur le côté mais pointée, prête à tirer.
à»ÅÕè¹·èҤ͹ »×¹¨Ò¡ËÔéÇËéÍ äÇé¢éÒ§ µÑÇÁÒ à»ç¹¡ØÁ¡ÃЪѺ ¾ÃéÍÁÂÔ§
À partir de maintenant, chaque pas devait être silencieux, chaque mouvement délibéré.
¨Ò¡¹Õéä» áµèÅСéÒÇ à´Ô¹µéͧà§Õº¡ÃÔº áµèÅСéÒÇÂèÒ§Åéǹµéͧ ¤Ô´
Il avait l'impression de pénétrer en fraude sur le terrain des grands.
à¢ÒÃÙé ÊÖ¡àÊÁ×͹¡ÓÅѧÅèǧÅéÓ à¢éÒ ä» ã¹ÍҳҨѡâͧ ¼ÙéÁպغÒÃÁÕ
Son père l'avait emmené avec lui dans la jungle depuis qu'il n'était pas plus grand qu'un faon.
¾è;Òà¢Ò à´Ô¹»èÒÁÒ µÑé§ áµè µÑÇ à·èÒ¡ÃШ§
Il avait trébuché et s'était relevé jusqu'à ce qu'il réussisse à se mouvoir dans un paysage qui ne pardonnait aucun faux-pas.
Ë¡ÅéÁË¡ÅØ¡ ¨¹¡ÃзÑè§àÃÕ¹ÃÙé·Õè ¨Ðà¤Å×è͹·Õè 仺¹ÀÙÁÔ »ÃÐà·È·Õè»ÃÒȨҡÊٵà ÊÓàÃç¨
Son père lui avait appris à lire les collines et les cours d'eau, à connaître par c?ur les chants des oiseaux, à distinguer les diverses crécelles de la grande famille des cigales.
¾èÍÊ͹ãËé ÍèÒ¹´Í ÍèÒ¹ËéÇ ¨Óṡ àÊÕ§ ¹¡ á¡ àÊÕ§¨Ñ¡¨Ñè¹ àÃäÃ
Tout cela son père le lui avait appris rien qu'en l'emmenant avec lui.
·Ñé§ËÁ´¹Õé ¾èÍÊ͹ ´éÇ¡ÒÃ¾Ò à¢Ò à´Ô¹
Mais voilà qu'au moment où il voulait ne faire qu'un avec la jungle, son père lui avait dit de sortir et de marcher par lui-même, de s'en aller vers un milieu dont il ne savait rien, alors même que, désormais, l'esprit de la jungle - l'esprit de son père - était devenu une part de lui-même.
áµè áÅéÇ ã¹ËéǧÂÒÁ·Õè à¢ÒàÃÔèÁ»ÃÒö¹Ò à»ç¹Ë¹Öè§ à´ÕÂǡѺ »èÒ ¾èÍ ¡çºÍ¡ ãËé à¢ÒÍÍ¡ à´Ô¹ ä» â´ÂÅӾѧ à´Ô¹ ä» ÊÙèÀÙÁÔ »ÃÐà·È·Õè à¢Ò äÁè¤Øé¹à¤Â Il avait passé beaucoup de temps à prospecter une contrée dépourvue d'arbres et de chants d'oiseaux, à observer discrètement les gens se sauter à la gorge au défi de toute règle, à connaître l'isolement au sein d'une foule, à éprouver une solitude dénuée de plaisir, et à expérimenter une vie liée à personne.
à¢Ò ãªé àÇÅÒ ¾Ñ¡ ãËèà¾×èÍÊÓÃǨ´Ô¹á´¹ Íѹ»ÃÒȨҡµé¹ äÁé áÅÐ àÊÕ§¹¡Ãéͧ áͺ´Ù ¼Ù餹 äÅèÅèҡѹ â´Â äÁèÁÕ¡µÔ¡Ò ÊÑÁ¼ÑÊ ¤ÇÒÁà§ÕºʧѴ¡ÅÒ§½Ù§ª¹ Êѧࡵ ¤ÇÒÁâ´´à´ÕèÂÇ·Õè»ÃÒȨҡÊÓ¹Ö¡ Êѹâ´É áÅз´Åͧ ãªéªÕÇÔµ ẺäÃé ÊÒÂã¡Ѻ ¼Ùé ã´
Il avait même essayé de jouer des coudes vers les hauteurs bondées...
à¤ÂáÁé áµèÅͧäµèàÅÒÐ ¢Öé¹ ä»º¹ â¤Ã§ ÊÃéÒ§·Õè á¹è¹·Öº ...
Mais, finalement, il s'était rendu compte que tout cela était à l'opposé de ce qu'il était, que tout cela était en contradiction avec l'âme libre qui était la sienne.
áµè ã¹·Õè ÊØ´ à¢Ò ¡ç¤é¹ ¾ºÇèÒ Áѹ à»ç¹·Ø¡ÍÂèÒ§·ÕèµÃ§¢éÒÁ¡Ñº µÑÇ à¢Ò à»ç¹·Ø¡ÍÂèÒ§·Õè ¢Ñ´áÂ駡Ѻ ÇÔÒ³ÍÔÊÃзÕè¾ÒµÔ´ µÑÇÁÒ
Ils avaient essayé de faire de lui un animal domestique qui baisserait la tête devant les autres en échange de sa pitance quotidienne, et qui confinerait toute beauté dans un enclos rien que pour être accepté du reste du troupeau.
Áѹ¾ÂÒÂÒÁ·ÓãËé à¢Ò¡ÅÒ à»ç¹ÊѵÇì àÅÕé§ àª×èÍ§æ ¡éÁ ËÑÇ ãËé¡Ñº ¼Ùé Í×è¹ à¾Õ§à¾×èÍ ãËé ä´éÁÒ «Öè§ ÍѵÃÒ ÍÒËÒûÃШÓÇѹ ãËé ä´éÁÒ «Ö觤͡ ¢Ñ§ ÍѹÊǧÒÁ áÅСÒÃÂÍÁÃѺ ¨Ò¡½Ù§ÊѵÇì ·Õè àª×èͧ áÅéÇ
Mais, pour lui, ces propositions n'étaient pas différentes de chaînes rehaussées de joyaux, qui, pour autant, restent des chaînes.
áµèÊÓËÃѺ à¢Ò ¢éÍàÊ¹Í àËÅèÒ¹Õé ÂèÍÁ äÁèµèÒ§ÍÐäáѺ â«èµÃǹ·Õè»ÃдѺ ´éÇÂྪùÔŨԹ´Ò â´Â á¡è¹á·éÁѹ Âѧ¤§ à»ç¹â«èµÃǹ
Il leur avait résisté avec l'esprit de la jungle, se défendant sauvagement avec l'esprit que son père lui avait transmis.
à¢Ò Â×¹µéÒ¹Áѹ ´éÇÂÇÔÒ³»èÒ »éͧ¡Ñ¹ µÑÇ àͧÍÂèÒ§ºéÒ¤ÅÑè§ ´éÇÂÇÔÒ³·Õè¾èÍ áºè§ ä» ãËé
Certains jours, il avait même besoin de chercher des preuves qu'il était toujours en vie.
ºÒ§Çѹ¡ÃзÑè§µéͧµÒÁá¡ÐÃͪÕÇÔµà¾×èÍ ¨Ð ä´é á¹è ã¨ÇèÒÁѹ ÂѧÁÕ ÍÂÙè
Il avait été récompensé par des coups de fouet invisibles qui fouaillaient le tréfonds de son être en tous temps pour le forcer à baisser la tête.
ÁѹµÍºâµé ¡ÅѺÁÒ ´éÇÂÃÔéÇáÊé·ÕèÁͧ äÁè àËç¹ µÇÑ´ ãÊè ÊèǹÅÖ¡¢Í§ ¤ÇÒÁ à»ç¹ à¢Ò ÍÂÙè·Ø¡àÁ×èÍ àª×èÍÇѹ à¾×èͤء¤ÒÁ ºÑ§¤Ñº ãËéÂÍÁÈÔâÃÃÒº
Toutes sortes d'accusations le blessaient au vif - qu'il était un barbare grossier, un étranger inadapté, un fou, voire un égocentrique délirant.
¢éÍ¡ÅèÒÇËÒÊÒþѴ ·ÔèÁá·§ à¢éÒÁÒÃÒǤÁËÍ¡¤Á´Òº µÑé§ áµè»èÒ à¶×è͹ á¢ç§¡ÃдéÒ§ à»ç¹ ÊÔè§á»Å¡»ÅÍÁ ¡ÃзÑè§ ¶Ö§ à»ç¹ºéÒËÃ×Í äÁè ¡çËŧ µÑÇ àͧ¨¹¢Ò´ÊµÔ
Parce qu'il refusait de s'avouer vaincu, son c?ur était couvert de bleus et de plaies vives.
àÁ×èÍà¢Ò äÁèÂÍÁ¨Ó¹¹ ·Ñé§ ËÑÇ ã¨¨Ö§ àµçÁ ä» ´éÇÂÃÔéÇÃͼ×è¹á¼Å
Il y avait eu des nuits passées recroquevillé sur lui-même dans un coin sombre comme un fauve blessé.
ÁÕºÒ§¤èÓ ¤×¹·Õè à¢Ò¹Í¹¢´ µÑÇ ÍÂÙè ã¹ ÁØÁ Á×´ àËÁ×͹ÊѵÇì »èÒºÒ´ à¨çº
En de tels moments, il ne souhaitait être pris en pitié par personne, mais se contentait de rêver à la profusion des étoiles au-dessus d'une vaste plaine, rêvait de la voie Lactée qu'il contemplait jadis du haut d'une montagne ; comme s'il avait la nostalgie de sa demeure originelle.
à¢Ò äÁè»ÃÒö¹ÒÊÒµÒÊÁྪàÇ·¹Ò¨Ò¡ ã¤Ã ÂÒÁ¹Ñé¹ ä´é áµè ½Ñ¹ ¶Ö§´Ç§´ÒÇà¡Å×è͹¡Åè¹ à˹×Í ·Øè§¡ÇéÒ§ ½Ñ¹ ¶Ö§·Ò§ªéÒ§à¼×Í¡·Õè à¢Òà¤ÂàËÁèÍÁͧ¨Ò¡ÂÍ´ à¢Ò ... ÃÒÇâËÂËÒºéÒ¹à¡Ô´ ´Ñé§à´ÔÁ
Par-dessus tout, il rêvait d'un animal de la même espèce.
à˹×Í ÊÔè§ Í×è¹ ã´ à¢Ò ½Ñ¹ ¶Ö§ÊѵÇì ã¹ÊÒ ¾Ñ¹¸Øìà´ÕÂǡѹ
Plus son âme était flagellée, plus il rêvait de la moitié manquante, attendant le jour où il la trouverait afin que soient soignées toutes les blessures qu'il avait reçues, afin de rassembler la pleine puissance de l'un.
ÂÔè§ÇÔÒ³ ¶Ù¡âºÂµÕ à¢ÒÂÔè§ à½éÒ ½Ñ¹ ¶Ö§ Êèǹ·ÕèËÒÂ ä» ÃÍÇѹ ãËéËǹ ¤×¹ÁÒÊÁ·º à¾×èÍ´ÙáÅ ¤ÇÒÁºÍºªéÓ·Õè¼èÒ¹ÁÒ ·Ñ駻ǧ à¾×èͼ¹Ö¡ ¾Åѧ á¹è¹ à»ç¹Ë¹Öè§ à´ÕÂÇ
Il rêvait de l'amour au sens le plus fort du terme.
à¢Ò ½Ñ¹ ¶Ö§ ¤ÇÒÁÃÑ¡ ã¹ ¤ÇÒÁËÁÒ ÊÙ§ ÊØ´¢Í§ ¶éÍ ¤Ó ...
4
4
D'en haut, le soleil plaquait au sol les ombres des arbres.
µÐÇѹ ÊÙ§Êè§ à§Ò äÁéŧ·Òº«é͹ ¼ÔÇ´Ô¹
Une chaleur fébrile dansait au-dessus des feuillages ruisselants de lumière, mais, à terre, la jungle tout entière était d'une plaisante fraîcheur.
äÍá´´ àµé¹ÃÐÂÔº ÍÂÙè µÒÁÂÍ´¾ØèÁ·Õè ¶Ù¡áʧ à¡ÒÐ ·ÇèÒ µèÓ ãµéŧÁÒ ·Ñé§»èÒ Âѧ¤ÃÖéÁ àÂç¹ ...
Il était toujours couché sur la dalle de roche comme s'il ne faisait qu'un avec le Temps.
ÁѹÂѧ¤§ËÁͺ ÍÂÙ躹á·è¹ËÔ¹ÃÒÇ à»ç¹Ë¹Öè§ à´ÕÂǡѺ ¡ÒÅ àÇÅÒ
La crête à cet endroit était une formation rocheuse nue qui avait émergé après le retrait des eaux aux temps premiers du monde.
Êѹà¢ÒµÃ§¹Ñé¹ à»ç¹ÅÒ¹ËÔ¹âÅè§ «Öè§»ÃÒ¡¯ µÑÇ ¢Öé¹ËÅѧ¨Ò¡ ½Ñè§·ÐàŶ´¶Í¹ҹÁÒ áÅéÇ
C'était le seul espace dégagé dans la marée végétale,
Áѹà»ç¹·ÕèâÅè§ à¾Õ§ áËè§à´ÕÂÇ¡ÅÒ§·ÔÇ äÁé
niche contre une falaise couleur de rouille qui s'étirait graduellement vers le fond de la montagne.
ÍÂÙèṺªÔ´¡Ñº á¼è¹¼ÒÊÕʹÔÁ áÅлÙÅҴŧÁÒ ¶Ö§¢Íº à¢Ò
Sous l'épaulement de la falaise, une dalle de roche avait surgi, comme un trône digne d'un roi.
ãµéªÐâ§¡¼ÒÁÕá·è¹ËÔ¹¡èÍ µÑÇ ¢Öé¹ ä»´Ø¨ºÑÅÅѧ¡ì¢Í§¾ÃÐÃÒªÒ
Il était couché comme une statue, pattes de devant droites et parallèles, griffes rentrées, cou et tête légèrement dressés, yeux profonds et brillants fixés sur le fil de la crête.
Áѹ¹Í¹ËÁͺàËÁ×͹ÀÒ¾»Ñé¹ Êͧ¢Ò˹éÒ Â×è¹ÍÍ¡ÁÒ ¤Ù袹ҹ¡Ñ¹ â´Â«è͹¡Ã§ àÅçº äÇé ã¹ÍØé§ µÕ¹¡ÓÂÓ ¤Í áÅÐ ËÑǢͧÁѹ¡ ÊÙ§ ¢Öé¹àÅç¡ ¹éÍ ¢³Ð´Ç§µÒÅÖ¡ àÃ×ͧ·Í´µÃ§ÁÒ·Ò§ ÊØ´¢Íº à¢Ò
Il était ici depuis un très long temps, ne faisant qu'un avec la dalle nue et la falaise - élément de l'aube, vigie du crépuscule, toile de fond de la voûte étoilée.
ÁѹÍÂÙè·Õè¹ÕèÁÒ¹Ò¹à¹Ôè¹ à»ç¹Ë¹Öè§ à´ÕÂǡѺ á·è¹ËÔ¹ áÅÐ á¼è¹¼Ò à»ç¹ ͧ¤ì »ÃСͺ¢Í§ÃØè§ÍÃØ³ à»ç¹©Ò¡Ë¹éҢͧʹ¸ÂÒ áÅÐ à»ç¹ ¾×é¹ÅèÒ§¢Í§â´Á´ÒÇ
Parce que c'était son repaire, il ne songeait pas à se cacher.
à¾ÃÒÐà»ç¹·Õè¢Í§Áѹ Áѹ¨Ö§ äÁè ¤Ô´Ëź«è͹ÍÓ¾ÃÒ§
Ses yeux qui observaient les voies d'accès disaient clairement qu'il était prêt à affronter quiconque ferait intrusion.
ÊÒµҷÕè¨Ñº¨éͧµÃ§·Ò§ ¢Ö鹺͡ ªÑ´ÇèÒÁѹ ¾ÃéÍÁ༪Ô˹éÒ ¡Ñº ã¤Ã ¡çµÒÁ·ÕèºÑ§ÍÒ¨¡éÒÇÅéÓ
Bien sûr, il ne croyait pas qu'un animal oserait approcher de sa réserve interdite, et il croyait encore moins qu'un intrus puisse être bien intentionné.
á¹èÅÐ Áѹ äÁè àª×èÍÇèÒ ¨ÐÁÕÊѵÇì ã´¡ÅéÒ à¢éÒÁÒ Âѧ ¾×é¹·ÕèËǧ ËéÒÁ áÅÐÂÔè§ äÁè àª×èÍÇèÒ ¼Ùé à¢éÒÁÒ ¨Ð à»ç¹ÁÔµÃ
L'instinct lui disait que les intrus n'apportent avec eux que transgression et agression.
ÊѪҵҳºÍ¡ÇèÒ¼Ùé¡éÒÇÅéÓ ÂèÍÁµéͧÁÒ ¾ÃéÍÁ¡ÒÃÅèǧ à¡Ô¹ àËÂÕº ÂèÓ
S'il y avait une exception, ce devaient être les créatures qu'il recevait pour perpétuer la race - mais cela ne s'était pas produit souvent.
ËÒ¡¨ÐÁÕ¢éÍ¡ àÇé¹ ¡ç¤§ á¤è ¼Ùé·ÕèÁѹ àª×éÍàªÔ ãËéÁÒ Ê׺·Í´ÊÒ ¾Ñ¹¸Øì ... áµè¹Ñè¹ ¡ç à»ç¹àÃ×èͧ ·ÕèÁÔ ä´éºÑ§à¡Ô´ ¢Öé¹ ºè͹ѡ
Cela faisait bien longtemps qu'il n'avait vu d'animal de la même espèce, si longtemps qu'il devait assurément croire désormais que la vie se vit seul.
¹Ò¹ÁÒ¡áÅéÇ·ÕèÁѹ äÁèà¤Â¾º àËç¹ÊѵÇì ʻժÕÊìà´ÕÂǡѹ ¹Ò¹¨¹Áѹµéͧ ÂÖ´¶×Í ÇèÒªÕÇÔµ¤×Í¡ÒôÓç ÍÂÙè â´ÂÅӾѧ
D'en haut, le soleil plaquait au sol les ombres des arbres, mais sur la formation rocheuse nue, une lumière torride gaiement dansait la gigue. Néanmoins, l'ombre de la falaise gardait son corps au frais, comme un pavillon digne d'un monarque.
µÐÇѹ ÊÙ§Êè§ à§Ò äÁéŧ·Òº«é͹ ¼ÔÇ´Ô¹ ·ÇèÒº¹ÅÒ¹ËÔ¹âÅè§ ¡ÅѺ»ÃÒ¡¯ÃÐÍØ á´´àÃÔ§ÃÓ ÃèÁ¼Ò»éͧ àÃ×͹ÃèÒ§¢Í§Áѹ äÇé ´ÙÃÒǾÅѺ¾ÅҢͧ ¼ÙéÁÕ ÍÓ¹Ò¨
Il pensa au corps de la vachette qu'il avait caché là, en bas, pensa au bruit offensant qui l'avait fait s'immobiliser, pensa au doute qui l'avait contraint à revenir se coucher ici...
Áѹ¹Ö¡¶Ö§«Ò¡ÇÑÇ ·Õè«è͹«Ø¡ ÍÂÙèàº×éͧ ÅèÒ§ ¹Ö¡ ¶Ö§ àÊÕ§á»Å¡»ÅÍÁºÒ§ÍÂèÒ§·Õè·Ó ãËéÁѹµéͧ ËÂØ´ªÐ§Ñ¡ ¹Ö¡ ¶Ö§ ¤ÇÒÁ äÁè á¹è 㨠«Öè§·Ó ãËéÁѹµéͧËǹ ¡ÅѺÁÒËÁͺ ÍÂÙ躹á·è¹ËÔ¹¨Çº¨¹ºÑ´¹Õé ...
Lors, la falaise entière fut comme déchirée par la puissance de son rugissement.
áÅÐ áÅéÇ ·Ñé§ á¼è¹¼Ò ¡ç àËÁ×͹»ÃÔá¡ ´éÇÂÊÐà·×͹ ¤ÓÃÒÁ
D'en haut, le soleil plaquait au sol les ombres des arbres.
µÐÇѹ ÊÙ§Êè§ à§Ò äÁéŧ·Òº«é͹ ¼ÔÇ´Ô¹
Une chaleur fébrile dansait au-dessus des feuillages ruisselants, mais, à terre, la jungle tout entière était d'une plaisante fraîcheur.
äÍá´´ àµé¹ÃÐÂÔº ÍÂÙè º¹ÂÍ´¾ØèÁ·Õè ¶Ù¡áʧ à¡ÒÐ ·ÇèÒ µèÓ ãµéŧÁÒ ·Ñé§»èÒ Âѧ¤ÃÖéÁ àÂç¹ ...
Tout son corps trembla quand il entendit le mugissement réfracté en provenance de la crête.
à¢ÒÊзéÒ¹ ä» ·Ñé§ÃèÒ§ àÁ×èÍ ä´éÂÔ¹ àÊÕ§ ¤ÓÃÒÁ¡Ñ§ÇÒ¹áÇèÇŧÁÒ¨Ò¡Êѹ à¢Ò
Ses jambes d'elles-mêmes cessèrent de bouger.
Êͧ¢ÒªÐ§Ñ¡â´Â äÁèµéͧÍÍ¡ ¤Ó ÊÑè§
Sa main agrippa le fusil plus âprement que jamais.
ÊͧÁ×͡ӻ׹ á¹è¹ ¢Ö鹡ÇèÒà´ÔÁ
Il était évident que le tigre était là-haut.
á¨èÁªÑ´ÇèÒÁѹ ÍÂÙ躹¹Ñé¹
Ce qui n'était pas évident, c'est ce que lui devait faire.
·ÕèäÁè ªÑ´à¨¹¤×Í»ÃÒö¹Ò¢Í§ à¢Ò·Õè ¨Ð¡éÒǵèÍ ä»
Il se tenait debout sur une pente non loin du sommet.
à¢Ò Â×¹ ÍÂÙ躹 ¤ÇÒÁÅÒ´ªÑ¹ «Öè§ äÁèËèÒ§¨Ò¡ÊѹÀÙÁÒ¡¹Ñ¡
Chacun de ses pas jusqu'à présent avait pris une éternité.
áµèÅСéÒÇ·Õè¼èÒ¹ÁÒ¡Ô¹ àÇÅÒ¹Ò¹à¹Ôè¹ÃÒǹÔÃѹ´Ã
Il ne pouvait lever le pied plus vite que ses yeux ne furetaient, ni s'avancer plus loin qu'il n'était prudent.
à¢Ò äÁèÍÒ¨¡éÒÇ àÃçÇ à¡Ô¹ ¡Ò÷ӧҹ¢Í§ÊÒÂµÒ ·Ñé§ äÁèÍÒ¨¡éÒÇ ä¡Å 仡ÇèÒÊÓ¹Ö¡ ÃÐÁÑ´ÃÐÇѧ
Sa main était crispée sur la carabine en une étreinte poisseuse et tenace.
Á×Í·Õè¡Ó»×¹à˹ÕÂÇ˹Ѻ ¨¹á¡Ðà¡×ͺ äÁèÍÍ¡
Le havresac buvait la sueur de son dos.
à˧×èͪØèÁ¨Ò¡ËÅѧàÊ×éÍ «ÖÁ ãÊèà»é
Et pourtant, désormais chaque pas allait prendre encore plus de temps.
áµè¨Ò¡¹Õé áµèÅСéÒÇÍÒ¨µéͧ ãªé àÇÅÒÁÒ¡ÂÔè§ ¢Öé¹
Un instant, il fut sur le point de faire demi-tour, car il lui était absolument impossible de savoir où le tigre pouvait l'attendre en embuscade d'ici au sommet.
ã¹Çٺ˹Öè§ à¢Òà¡×ͺ ¨ÐËѹ ËÅѧ ¡ÅѺ à¾ÃÒÐ à¢Ò äÁèÁÕ·Ò§ÃÙé ä´éàÅÂÇèÒ àÊ×Í«ØèÁ ÍÂÙèµÃ§ ä˹º¹ àÊé¹·Ò§ ä» ÊÙèÊѹ à¢Ò ...
Il ne savait plus lequel des deux chassait l'autre.
äÁèÃÙé ÇèÒ à¢ÒËÃ×ÍÁѹ¡Ñ¹ á¹è·Õè¡ÓÅѧµÒÁËҡѹ
Il vit son corps déchiqueté gisant de tout son long sur une claie de bambou.
à¢Ò¹Ö¡ ¶Ö§ àÃ×͹ÃèÒ§ Íѹ¢Ò´ÇÔ蹢ͧµ¹ àͧ¹Í¹àËÂÕ´ÂÒÇ ÍÂÙ躹á¤Ãè äÁé
La lumière des torches montrerait, des pieds à la tête, des empreintes de crocs et des caillots de sang séché.
ÁÕ¤ºäµéÊèͧ¨ÑºãËé àËç¹ÃÍ à¢ÕéÂÇ áÅФÃÒº àÅ×Í´à¡ÃÍСÃѧ µÑé§ áµè ËÑǨô à·éÒ
Les villageois assemblés tout autour disputeraient des tenants et aboutissants d'un événement auquel ils n'auraient pas assisté.
ªÒǺéÒ¹·Õè¡ÃÙÁÒËéÍÁÅéÍÁ ÍÒ¨¨Ð à¶Õ§¡Ñ¹àÃ×èͧ ÅӴѺà赯 ¡ÒÃ³ì «Öè§ äÁèÁÕ ã¤Ã àËç¹ ´éǵÒ
Certains soutiendraient qu'il fuyait, d'autres diraient qu'il était un fieffé imbécile, et il y en aurait pour affirmer qu'il avait enfreint telle ou telle loi de la jungle.
ºéÒ§ÍÒ¨Â×¹ÂѹÇèÒ à¢Ò ÇÔè§Ë¹Õ ºÒ§¤¹¤§µÓ˹ÔÇèÒ à¢Òâ§èà¢ÅÒ áÅйèÒ ¨ÐÁÕ ÍÂÙè äÁè ¹éÍ·Õè ¤Ô´ÇèÒ à¢Ò·Ó ¼Ô´¨ÒÃÕµ»èÒ ã¹àÃ×èͧ ã´àÃ×èͧ ˹Öè§
Mais ce qui était sûr, c'est que personne ne se demanderait ce qui l'avait poussé à poursuivre le tigre en dépit des conseils de son père.
áµè·Õè á¹èæ ¤×Í ¤§ äÁèÁÕ ã¤Ãʹ ã¨ÇèÒ Íѹ ã´·Ó ãËé à¢ÒµÔ´µÒÁ àÊ×Í ä» â´Â ¢Ñ´ ¤Ó ÊÑè§¾èÍ
Et ce qui était encore plus sûr, c'est qu'avant peu l'incident serait oublié.
á¹èÂÔè§ ¡ÇèÒ¹Ñé¹ ÂèÍÁ à»ç¹ ¡ÒÃàÅ×͹ËÒ¢ͧàÃ×èͧ ÃÒÇ ã¹ àÇÅÒ äÁè¹Ò¹¹Ñ¡
Il pensa à son père, qui aurait à entendre les spéculations des villageois, pensa au vieil homme qui, une fois seul, en reviendrait toujours à se demander ce qui était arrivé à son fils.
à¢Ò¹Ö¡ ¶Ö§¾èÍ·Õè ¨ÐµéͧÃѺ ¿Ñ§¡ÒÃµÕ ¤ÇÒÁ¢Í§ ¼Ùé äÁèÃÙé àËç¹ ¹Ö¡ ¶Ö§¤¹à²èÒ «Öè§ ã¹·Õè ÊØ´ áÅéǤ§ ¨Ðµéͧ¨´¨ÓàÃ×èͧ ÃÒǢͧÅÙ¡ªÒ ÍÂÙè â´ÂÅӾѧ
Et c'est alors qu'il songea à son retour de la capitale.
¨Ò¡¹Ñé¹ à¢Ò¹Ö¡ ¶Ö§¡Òà à´Ô¹·Ò§ ¡ÅѺÁÒ ÊÙèºéÒ¹à¡Ô´
S'il devait continuer de vivre ici, il n'était pas question qu'il fît demi-tour.
ËÒ¡¨Ð ÍÂÙè·Õè¹ÕèµèÍ ä» à¢ÒÂèÍÁ äÁèÍÒ¨ËǹËÅѧ ¡ÅѺ
Il pensa au coin sombre dans un recoin de la ville où certaines nuits il gisait recroquevillé sur lui-même comme un fauve blessé.
à¢Ò¹Ö¡ ¶Ö§ ÁØÁ Á×´ ã¹ ÁØÁàÁ×ͧ «Öè§ ã¹ºÒ§ ¤èÓ ¤×¹ µÑÇ àͧà¤Â¹Í¹¢´ µÑÇÃÒÇÊѵÇì »èÒºÒ´ à¨çº
Ces nuits-là-là, il rêvait seulement de la profusion d'étoiles au-dessus d'une vaste plaine, rêvait de la Voie Lactée chevauchant la crête.
ÂÒÁ¹Ñé¹ä´é áµè ½Ñ¹ ¶Ö§´Ç§´ÒÇà¡Å×è͹¡Åè¹ à˹×Í ·Øè§¡ÇéÒ§ ... ½Ñ¹ ¶Ö§·Ò§ªéÒ§à¼×Í¡¾Ò´¤ÃèÍÁ·ÔÇ à¢Ò
Des coups de fouet invisibles avaient fouaillé le tréfonds de son être en tous temps pour le forcer à devenir un animal domestique.
ÃÔéÇáÊé·ÕèÁͧäÁè àËç¹µÇÑ´ ãÊè ÊèǹÅÖ¡¢Í§ ¤ÇÒÁ à»ç¹ à¢Ò ÍÂÙè·Ø¡àÁ×èÍ àª×èÍÇѹ à¾×èͤء¤ÒÁ ºÑ§¤Ñº ãËé à¢Ò¡ÅÒ à»ç¹ÊѵÇì àÅÕé§ àª×èͧæ ...
Parce qu'il refusait de s'avouer vaincu, son c?ur était couvert de bleus et de plaies vives.
àÁ×èÍà¢Ò äÁèÂÍÁ¨Ó¹¹ ·Ñé§ ËÑÇ ã¨¨Ö§ àµçÁ ä» ´éÇÂÃÔéÇÃͼ×è¹á¼Å ...
À présent il était de retour parmi les siens.
ºÑ´¹Õéà¢ÒËǹ ¤×¹´Ô¹á´¹´Ñé§à´ÔÁ ¢Í§µ¹ àͧ áÅéÇ
Où donc étaient passées toutes ces options compliquées ?
ä˹ àÅ ¨ÐÁÕ·Ò§ àÅ×Í¡ÁÒ¡ÁÒÂÂÍ¡Âé͹
Quand on fait un choix, cela veut dire qu'on abandonne toutes les autres options.
¤¹àÃÒàÁ×èÍÍÂÙè ã¹ÇÔ¶Õ·Õè àÅ×Í¡ àͧ ÂèÍÁËÁÒ ¶Ö§¡Òà ÊÔé¹àÂ×èÍã¡Ѻ ·Ò§ àÅ×Í¡ Í×è¹
La liberté ne signifie pas changer d'idée comme on change d'humeur, mais s'engager délibérément sur le chemin qu'on a choisi.
ÍÔÊÃÀÒ¾ÁÔä´éËÁÒ ¶Ö§¡Òà à»ÅÕè¹ 㨵ÒÁ ÍÒÃÁ³ì ËÒ¡ËÁÒ ¶Ö§ ¤ÇÒÁ à´ç´à´ÕèÂÇ·Õè¡éÒÇ ä»º¹ àÊé¹·Ò§·Õè»ÃÒö¹Ò
Le chemin qu'il avait choisi n'avait pas de place pour la peur.
àÊé¹·Ò§·Õè à¢Ò àÅ×Í¡ äÁèÁÕ·ÕèÇèÒ§ÊÓËÃѺ ¤ÇÒÁ ËÇÒ´¡ÅÑÇ
Vu l'inclinaison du soleil de l'autre côté de la crête, il estima qu'en quarante minutes de marche tout au plus il aurait atteint le sommet.
à¢Ò¤Ð๨ҡÅÓáʧ «Öè§ÅʹŧÁÒ¨Ò¡ àËÅÕèÂÁ à¢ÒÇèÒ à´Ô¹ ÍÕ¡ äÁè à¡Ô¹ 40 ¹Ò·Õ ¡ç¹èÒ ¨Ð ¢Öé¹ ¶Ö§Êѹ
Entre les lignes d'arbres le long de la pente, le sol était relativement dégagé.
ÃÐËÇèÒ§µé¹äÁé·ÕèàÃÕ§ äÅè¡Ñ¹ ÍÂÙ躹 ¤ÇÒÁÅÒ´ªÑ¹ à»ç¹ ¾×é¹·Õè¤è͹¢éÒ§âÅè§
Il n'y avait ni rochers ni broussailles où le tigre pourrait l'attendre embusqué.
äÁèÁÕ¡é͹ËÔ¹ ãËèËÃ×Í ¤ÇÒÁáàÃ×éÍ·Õè àÊ×Í ¨Ð«ØèÁâ¨ÁµÕ ä´é
Il se sentit de plus en plus certain que le champ de bataille était là-haut.
à¢ÒÁÑè¹ ã¨ÁÒ¡ ¢Öé¹ÇèÒÊÁÃÀÙÁÔ ¤§ ¨Ð ÍÂÙè¢éÒ§º¹
Avant de reprendre sa progression, il leva la tête pour regarder la futaie qui recouvrait la jungle comme un plafond morne.
¡è͹ÍÍ¡à´Ô¹ ÍÕ¡ ¤ÃÑé§ à¢Òà§Â˹éÒ ¢Öé¹ÁͧÂÍ´ äÁé·Õè»Ã¡ ¼ÔÇ»èÒ à»ç¹à¾´Ò¹¤ÃÖéÁ
De minuscules éclats de lumière pulsaient çà et là, pareils à des amas d'étoiles par nuit sombre.
á©¡áʧàÅç¡æ à»Åè§»ÃСÒ ÇÙºÇÒºÍÂÙè ·ÑèÇ ÅÐÁéÒ ¡ÅØèÁ´ÒÇ ã¹ ¤×¹ à´×͹ Á×´
Il était toujours couché sur la dalle de roche nue comme s'il ne faisait qu'un avec le Temps.
ÁѹÂѧ¤§ËÁͺ ÍÂÙ躹á·è¹ËÔ¹ÃÒÇ à»ç¹Ë¹Öè§ à´ÕÂǡѺ ¡ÒÅ àÇÅÒ ...
Les rayons de soleil de l'après-midi tombaient en biais sur un pan de la falaise et sur le mitan de son corps, qui semblait irradier vers les hauteurs en surplomb.
á´´à©Õ§ÂÒÁ ºèÒÂÊÒ´¡ÃзººÒ§ Êèǹ¢Í§ á¼è¹¼Ò¡Ñº ÅÓ µÑǵ͹¡ÅÒ§¢Í§Áѹ ·Ó ãËéÁѹ´Ù´Ñè§ÁÕ»ÃСҾǾØè§ ¢Öé¹ ÊÙè ¤ÇÒÁ ÊÙ§àº×éͧ º¹
Sa crinière, blanche comme fibre de coton, contrastait avec l'ombre profonde de la falaise en ces endroits qui n'étaient pas ruisselants de soleil.
à¤ÃÒ¢ÒÇàËÁ×͹½Í½éÒµѴ ¡Ñº ¤ÇÒÁÃèÁ·Öº¢Í§Ë¹éÒ¼Ò Êèǹ·Õè äÁè ä´éµéͧáʧ
Les yeux émeraude luisaient sous le parchemin du front.
´Ç§µÒÊÕÁáµÇÒÇÇѺÍÂÙè ãµé˹éÒ¼Ò¡ Íѹ àµçÁ ä» ´éÇ¢մᩡ¤ÅéÒÂÍÑ¡¢Ã âºÃÒ³
Avec l'assurance tranquille des vertueux, il observait l'animal qui escaladait la pente rocheuse dans sa direction.
Áѹà¾è§´Ùà¢Òà˹ÕèÂÇ µÑÇ ¢Öé¹ÁÒº¹ÅÒ¹ËÔ¹ ´éÇÂÍÒ¡ÒÃʧº ¹Ôè§ÃÒÇ ¼Ùé·Ã§ÈÕÅ
Et quand il s'arrêta, releva la tête et regarda vers la falaise, dans l'instant tout son corps se pétrifia comme sous l'effet d'un sortilège.
áÅÐàÁ×èÍ à¢Òà§Â˹éÒ ¢Öé¹Áͧ ä»·Ò§ á¼è¹¼Ò ¾Åѹ ·Ñé§ àÃ×͹ÃèÒ§·Õè¡ÓÅѧËÂÑ´ Â×¹ ¡çªÐ§Ñ¡¤éÒ§ÃÒǵéͧÁ¹µì
Au fin fond de son âme, il savait que ce n'était pas la peur, mais une crainte révérencielle mêlée de stupeur.
ã¹ ÊèǹÅÖ¡ ÊØ´¢Í§ÇÔÒ³ à¢ÒÃÙé ´ÕÇèÒÁѹ äÁèãªè ¤ÇÒÁ¡ÅÑÇ ËÒ¡ à»ç¹ ¤ÇÒÁÂÓ à¡Ã§·Õè¼¹Ö¡ ¼ÊÒ¹ à¢éҡѺ ¤ÇÒÁ µ×è¹µÐÅÖ§
C'était presque comme l'émotion qui naît à la vue de la mer embrasée par les rayons de l'aube ou à la vue d'un arc-en-ciel enjambant un pic pour aller tutoyer des nues mélancoliques :
Áѹà¡×ͺ¨Ð à»ç¹ ¤ÇÒÁÃÙé ÊÖ¡à´ÕÂǡѹ·Õèà¡Ô´ ¢Öé¹ ÂÒÁ àËç¹ ¼ÔÇ·ÐàÅ àÃ×ͧÃͧ ÍÂÙè ãµéáʧ à§Ò áËè§ÃØè§ÍÃØ³ ËÃ×Í àËç¹â¤é§ÃØé§¾Ò´¢éÒÁ ¢Ø¹ à¢Ò ÊÙèËÁè¹àÁ¦ ...
visions mystérieuses, belles, envoûtantes, sacrées.
ÅÕéÅѺ ºÃÃà¨Ô´ ËÅÍ¡ËÅ͹áÅÐÈÑ¡´ÔìÊÔ·¸Ôì
Il agrippa plus fermement son arme sans quitter des yeux la scène devant lui.
à¢Ò¡ÃЪѺ »×¹ á¹è¹ â´Â äÁèÂÍÁÅÐÊÒµҨҡÀÒ¾àº×éͧ ˹éÒ
Il était couché telle une sculpture du temps, ses yeux fixés droit sur lui
ÁѹÂѧ¤§ËÁͺ ¹Ôè§ à»ç¹ÃÙ»ÊÅÑ¡¢Í§¡ÒÅ àÇÅÒ ´Ç§µÒ¨éͧµÃ§ÁÒ ...
- des yeux qui semblaient ne faire cas de rien, mais qui débordaient de force vitale et brillaient de l'éclat profond de la liberté et de la confiance en soi.
µÒ·Õè´ÙàËÁ×͹ äÁèáÂáʵèÍ ÊÔè§ ã´ ·ÇèÒà»ÕèÂÁÅé¹ ä» ´éǾÅѧªÕÇÔµ ÅÖ¡ àÃ×ͧ ´éÇÂÃѧÊÕ áËè§ÍÔÊÃÀÒ¾ áÅÐ ¤ÇÒÁ àª×èÍÁÑè¹ ã¹ µÑÇ àͧ
On aurait dit que bravoure, assurance, noblesse et même amour s'étaient fondus en une seule goutte de cristal.
´ÙÃÒǤÇÒÁ¡ÅéÒËÒ ¤ÇÒÁʧºÊѹâ´É ¤ÇÒÁ¡ÃéÒÇá¡Ãè§·Ò§¨ÔµÇÔÒ³ ËÃ×Í áÁé¡ÃзÑè§ ¤ÇÒÁÃÑ¡ ... ¶Ù¡ËÅÍÁÃÇÁ äÇé ã¹¼ÅÖ¡ á¡éÇ à¾Õ§Ë´à´ÕÂÇ
Instantanément, il sentit en son c?ur naître la foi.
¾Åѹà¢ÒÃÙé ÊÖ¡ ã¹ ã¨ÁÕÈÃÑ·¸ÒÊÁ·º
Le corps massif couleur de feu sec couché sur la dalle de roche nue devant le rideau de la falaise était en réalité un bonze absorbé dans la sérénité de sa solitude.
àÃ×͹ÃèÒ§ÊÕ ä¿ áËé§·ÕèËÁͺ¡ÓÂÓ ÍÂÙ躹á·è¹ËԹ˹éÒÁèÒ¹¼Ò á·é ¨ÃÔ§ áÅéǤ×͹ѡºÇª·Õè ÊÙéÍØµÊèÒËìàÃ鹡Ò»ÅÕ¡ÇÔàÇ¡
Qui, donc, était l'agresseur ?
ä˹àŤ×Í¢éÒÈÖ¡ ¼ÙéºØ¡ÃØ¡
C'est lui qui empiétait sur une terre où tout, jadis, formait un tout inviolé.
à¢Ò àÊÕ ÍÕ¡ ¤×Í ¼ÙéÅèǧÅéÓ à¢éÒÁÒ ã¹´Ô¹á´¹·Õè·Ø¡ÍÂèÒ§à¤Â àª×èÍÁÃéÍ à»ç¹ ͧ¤ìÃÇÁ
Pas seulement lui : les bûcherons, les colons, les bouviers, les bâtisseurs de routes.
äÁè à¾Õ§ à¢Ò ... ¾Ç¡ µÑ´ äÁé ·Ó äÃè àÅÕé§ ÇÑÇ ÊÃéÒ§¶¹¹ ã¤ÃµèÍ ã¤Ã
Qui d'autre encore ? N'étaient-ce pas des gens comme ceux-là qui venaient détruire les liens séculaires de la nature ?
¼Ù餹 àËÅèÒ¹Õé ãªèËÃ×Í äÁè Åéǹ à¢éÒÁҵѴ à©×͹ÊÒÂã´Ñé§à´ÔÁ áËè§ä¾Ã¾Ä¡Éì
Alors, pourquoi devrait-il attenter à la majesté devant lui juste pour compenser la perte d'un animal domestique ?
áÅéÇ·ÓäÁ à¢Ò¨Ö§µéͧÁÒ·ÓÅÒ ¤ÇÒÁʧèÒ§ÒÁàº×éͧ ˹éÒ à¾×èͪ´àªÂ ãËé¡Ñº ÊѵÇì àª×èͧ à¾Õ§ µÑÇà´ÕÂÇ
Pourquoi prendre sur lui le rôle de bourreau du sublime et détruire la personnification de la liberté pour l'expansion d'une espèce mineure ?
·ÓäÁà¢Ò¨Ö§µéͧ ÃѺ ˹éÒ·Õè à»ç¹ ¼Ùé»ÃÐËÒà ¤ÇÒÁ ÊÙ§Êè§ áÅк´¢ÂÕéÃÙ»¸ÃÃÁ¢Í§ÍÔÊÃÀÒ¾ à¾×èÍ¡Òà à¾ÔèÁ¢ÂÒ¢ͧÊÒ ¾Ñ¹¸Øì·Õè µèÓµéÍÂ
Oui, pourquoi, au nom de la civilisation, se charger de fustiger l'âme de la jungle ?
ãªè ·ÓäÁã¹¹ÒÁ¢Í§ÍÒøÃÃÁ à¢Ò¨Ö§µéͧÃѺ ÀÒáԨ ÁÒà¦Õè¹µÕÇÔÒ³»èÒ ...
Longuement il scruta les yeux profonds et luisants.
à¢Òà¾è§¾Ô¹Ô¨´Ç§µÒÅÖ¡ àÃ×ͧ ¤Ùè¹Ñé¹ ÍÂÙèà¹Ôè¹¹Ò¹
Qu'y avait-il de mal à vivre sa vie avec assurance et dignité, avec une audace tranquille, dans la liberté de son âme ?
Áѹ¼Ô´ Íѹ ã´ËÃ×Í·ÕèªÕÇԵ˹Öè§ ¨Ð´Óç ÍÂÙèÍÂèÒ§·Ãй§Í§ÍÒ¨ ¡ÅéÒËÒ Êѹâ´É áÅÐ à»ç¹ÍÔÊÃзҧ¨ÔµÇÔÒ³
Une nouvelle fois
ÍÕ¡ ¤ÃÑé§ ...
- une nouvelle fois il pensa aux coups de fouet invisibles qui avaient fouaillé les profondeurs de son être en tous temps pour le forcer à baisser la tête, pensa aux nuits passées recroquevillé sur lui-même dans un coin sombre comme un fauve blessé.
à¢Ò¹Ö¡ ¶Ö§ÃÔéÇáÊé·ÕèÁͧ äÁè àËç¹ «Öè§µÇÑ´ ãÊè ÊèǹÅÖ¡¢Í§ ¤ÇÒÁ à»ç¹ à¢Ò ÍÂÙè·Ø¡àÁ×èÍ àª×èÍÇѹ à¾×èͤء¤ÒÁ ºÑ§¤Ñº ãËé à¢ÒÂÍÁÈÔâÃÃÒº ... ¹Ö¡ ¶Ö§ ¤èÓ ¤×¹à¤Â¢´ µÑÇ ÍÂÙè ã¹ ÁØÁ Á×´ àËÁ×͹ÊѵÇì »èÒºÒ´ à¨çº
En de tels moments il ne souhaitait être pris en pitié par personne, mais se contentait de rêver à la profusion des étoiles au-dessus d'une vaste plaine, de rêver d'un animal de la même espèce.
äÁè»ÃÒö¹ÒÊÒµÒÊÁྪàÇ·¹Ò ÂÒÁ¹Ñé¹ ä´é áµè ½Ñ¹ ¶Ö§´Ç§´ÒÇà¡Å×è͹¡Åè¹ à˹×Í ·Øè§¡ÇéÒ§ ... ½Ñ¹ ¶Ö§ ÊѵÇì ã¹ÊÒ ¾Ñ¹¸Øìà´ÕÂǡѹ
Et dans cet instant d'illumination subconsciente, au tréfonds de son âme il sut que sa quête était terminée.
áÅÐ ã¹ÇÙºÀÇѧ¤ì¹Ñé¹ àͧ ã¹Ëéǧ¹Ö¡ ÅÖ¡ ÊØ´¢Í§ à¢Ò ¡çºÑ§à¡Ô´ ¤ÇÒÁÃÙé ÊÖ¡¤é¹ ¾º ...
Il se sut au contact de quelque chose qui était comme une part de lui-même, quelque chose qui lui faisait sentir que son âme était une pour la première fois.
à¢ÒÃÙé ÊÖ¡ ä´éÊÑÁ¼ÑʡѺ ºÒ§ ÊÔ觺ҧÍÂèÒ§·Õè¤Øé¹à¤ÂÃÒǡѺ à»ç¹ Êèǹ˹Öè§ µÑÇ àͧ ºÒ§ ÊÔ觺ҧÍÂèÒ§·Õè·Ó ãËé à¢ÒÃÙé ÊÖ¡¤Ãº¶éǹ·Ò§¨ÔµÇÔÒ³ à»ç¹ ¤ÃÑé§ áá
Il se sentit un avec le tigre, et c'était un sentiment au-delà du dicible, une extase qui s'insinuait dans les moindres particules de son être, un courant de supra conscience qui débordait et fusait dans toutes les directions, un moment où lune, étoiles, arc-en-ciel et soleil s'assemblaient sans rupture entre le jour et la nuit, la seconde où le temps s'immobilisa pour laisser l'univers embrasser l'éternité.
à¢ÒÃÙé ÊÖ¡ à»ç¹ Íѹ˹Öè§ Íѹà´ÕÂǡѺ àÊ×Í µÑǹÕé áÅÐÁѹ à»ç¹ ¤ÇÒÁÃÙé ÊÖ¡·Õè ÍÂÙè à˹×Í ¶éÍ ¤ÓºÃÃÂÒÂ ã´æ à»ç¹»ÕµÔ ÊØ¢ Íѹ «ÖÁ«èÒ¹ 价ءͳ٠áËè§ µÑǵ¹ à»ç¹ÊÒ ¹éÓ áËè§ÊÓ¹Ö¡ ÊÙ§·Õè·èÇÁ·é¹Åé¹ËÅÒ¡ÍÍ¡ ä»Ãͺ·Ø¡·ÔÈ·Ò§ à»ç¹ËéǧÂÒÁ·Õè à´×͹´ÒÇÊÒÂÃØé§ áÅдǧ µÐÇѹ ÁÒÃèÇÁªØÁ¹ØÁ â´Â»ÃÒȨҡ àÊé¹ áºè§ áËè§·ÔÇÒ áÅÐÃÒµÃÕ à»ç¹ÇÔ¹Ò·Õ·Õè¡ÒÅ àÇÅÒ ËÂØ´ ¹Ôè§à¾×èÍ ãËé àÍ¡À¾ ä´éâͺ¡Í´Í¹Ñ¹µ¡ÒÅ ...
Il était le tigre, le tigre était lui ; et si le tigre méritait de mourir, lui-même ne devrait plus être en vie.
à¢Ò¤×Í àÊ×Í ... àÊ×ͤ×Í à¢Ò áÅжéÒ ËÒ¡ÁѹÊÁ¤ÇõÒ à¢Ò ¡ç äÁè¤ÇÃÁÕªÕÇÔµ ÍÂÙè
Mais qu'allait-il faire des obligations qu'il avait vis-à-vis du village et de l'espoir de son père - des obligations qui l'entravaient au bord du courant des rêves et lui interdisaient de traverser ?
áµè à¢Ò ¨Ð·Ó àªè¹äà àÅèҡѺ ¾Ñ¹¸Ð·ÕèÁÕµèÍËÁÙèºéÒ¹ áÅÐ ¤ÇÒÁËÇѧ¢Í§¾èÍ ¾Ñ¹¸Ð·ÕèÅèÒÁÃéÍ à¢Ò äÇé¡Ñº ÃÔÁ ½Ñ觸Òà áËè§ ¤ÇÒÁ ½Ñ¹ áÅÐ äÁè͹ØÒµ ãËé à¢ÒÅØÂ ½èÒ¢éÒÁ ä»
Longtemps il avait cherché à retrouver le chemin de sa demeure originelle.
à¢ÒâËÂËÒÁÒ¹Ò¹ áÅéÇ·Õè ¨ÐËǹ ¤×¹ºéÒ¹à¡Ô´ ´Ñé§à´ÔÁ
À présent il savait que le chez-lui dont il rêvait n'était pas la maison de son père, où il était né, et encore moins le village d'où il provenait, mais tout ce que révélait cette paire d'yeux.
ºÑ´¹Õéà¢Ò¤é¹ ¾ºÇèҴԹᴹ·Õè à¢Ò ½Ñ¹ ¶Ö§ äÁèãªè àÃ×͹¾èÍ·Õè à¢Ò¶×Í ¡Óà¹Ô´ áÅÐÂÔè§ äÁèãªèËÁÙèºéÒ¹ «Öè§ à¢ÒÊѧ¡Ñ´ ËÒ¡¤×Í·Ø¡ ÊÔè§·Ø¡ÍÂèÒ§ Íѹ»ÃÒ¡¯ ÍÂÙè ã¹áÇÇµÒ ¤Ùè¹Ñé¹
L'arme dans ses mains lentement se porta à son épaule, puis s'abaissa.
äÃà¿ÔÅã¹Á×ͤèÍÂæ ¶Ù¡Â¡ ¢Öé¹»ÃзѺºèÒ áÅéÇŴŧ
Il en fut ainsi plusieurs fois, jusqu'à ce qu'il eût de tournoyer à travers des éternités de crises.
à»ç¹ àªè¹¹Õé ÍÂÙèËÅÒ ¤ÃÑé§ ¨¹ à¢ÒÃÙé ÊÖ¡ÃÒÇ ËÁعǹ ÍÂÙè 㹡ѻ¡ÑÅ»ì áËè§ÇԡĵÔ
Mais il savait que, quoi qu'il en soit, le temps de la décision était venu.
áµè à¢Ò ¡çÃÙé ÇèÒËéǧÂÒÁ áËè§¡ÒõѴ ÊÔ¹ 㨠¶Ö§ÍÂèÒ§äõéͧÁÒ ¶Ö§ ...
Les derniers rayons du jour baignaient le faîte des arbres, éclaboussant de lumière la jungle tout entière.
áÊ§ÊØ´·éÒ¢ͧÇѹ ÊÒ´ÂÍ´ äÁ騹 ·Ñé§»èÒà»Åè§»ÃСÒÂ
Bientôt, tout se mit à pâlir et s'estomper.
¨Ò¡¹Ñé¹·Ø¡ÍÂèÒ§ ¡ç«Õ´àÅ×͹ŧÍÂèÒ§ÃÇ´ àÃçÇ
Un froid perçant recouvrit les entours comme un deuil triste.
¤ÇÒÁ àÂç¹àÂÕºá¼è¤ÅØÁ ·ÑèÇÍÒ³ÒºÃÔàdzÃÒÇ ¤ÇÒÁâÈ¡àÈÃéÒ
Tout à coup la falaise fut presque déchirée et la crête entière presque changée en poussière quand le rugissement du tigre et le coup de feu ensemble retentirent.
¾Åѹ·Ñé§ á¼è¹¼Òá·º ¨Ð»ÃÔá¡ áÅÐ ·Ñé§Êѹ à¢Ò ¡çá·º ¨Ð»è¹ à»ç¹¼ØÂ¼§ àÁ×èÍ àÊÕ§ àÊ×͡Ѻ àÊÕ§ »×¹ ¤ÓÃÒÁ¡éͧ ¢Öé¹ ¾ÃéÍÁ¡Ñ¹
L'instant d'après, la jungle tout entière était paix.
ËéǧµèÍÁÒ·Ñé§»èÒÁÕ áµè ¤ÇÒÁà§ÕºʧѴ ... '